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30 octobre 2005
Réminiscence - post pour les initiés -
Ouais, il y a un peu de ça pour le moment, comme une réminiscence de Phil de la rue Sauffroy. C'est cul, très cul, et ça reste malgré tout frustrant.
Après la partie de baise mémorable d'hier, agrémentée de C, de vodka-pomme et de foutre -il faut bien le dire - j'ai décliné la nuit sous une autre thématique de défonce : Atarax-Bromazepam. Au résultat, je suis tout aussi perché qu'hier ce dimanche, mais là, c'est remboursé par la sécu. C'est peut-être seulement pour ça que je kiffe moins l'exercice. Faudrait que je me penche sur la question. A ce propos, n'ai toujours pas fini "La notion de dépense" de Bataille, ça pourrait m'aider sur ce point.
Mais je pars en live. J''en étais où ?
Ah oui, je disais donc qu'après la séance d'hier, et pour cause, je reste un peu down aujourd'hui. Gé, non. Donc il est allé faire tirer son cul dans un bordel à cul spécialisé dans le naturisme, et je suis resté à Berthier.
C'est sans surprise aucune que, sitôt qu'il eut le dos tourné, je me suis senti chaud. J'aimerai VRAIMENT ne pas être un sale con, mais je crois que c'est profondément inscrit dans ma génétique masculine, et il va falloir que je fasse avec, ou que je me foute en l'air, si je veux y échapper.
Donc, en moins d'une demi-heure, je me suis oranisé pour qu'un mec débarque. Le genre de mec que je n'aurai jamais autorisé à poser la main sur moi ailleurs, mais là, j'avais que ça en stock. Je lui ai donc filé, malgré tout, mon cul (Si j'ai du mal à assumer mon physique de mâle rustique, j'assume très bien mon cul qui est assez joli dans son genre : un beau cul de mec, robuste, rond, musclé et poilu...)
Ca c'est une théorie qui ne rate pas : quand nous les pédales, on drague par téléphone, on reste beaucoup moins exigents sur la qualité du produit qui se présente (Nota : ça marche dans les 2 sens : je me tape des bombes que j'ai pécho au tel et qui m'auraient jeté en toute autre occasion). Donc, le produit était là, il avait les attributs nécessaires (une queue potable quoique un peu trop odorante à mon goût).
Il ne s'est pas fallu trois minutes pour, qu'alors qu'il me besognait consciencieusement, avec cet air satisfait du mec qui se croit un parfait baiseur -je suis certain que les rares filles qui me lisent me comprennent - j'lui dit :
- Moi : Non, écoute, ça va pas être possible, on va arrêter.
Et ce connard pose LA question : pourquoi ?
- Moi : Ben écoute, parce que franchement, tu baises comme un pied.
Là, normalement, jaurai du me prendre une mandale, ou une bordée d'insultes. A la limite, il aurait pu remonter son fut et se casser en faisant claquer la porte et en foutant le feu aux boites aux lettres.
Rien de tout ça.
Monsieur Le looser me lance un regard qu'un cocker aurait eu du mal à imiter et me supplie :
-Je peux me finir en me branlant devant toi ?
Moi : je crois que dans le pathétique, on a assez donné. Je ne te raccompagne pas.
Morale de l'histoire : après une super baise, calme ta joie le lendemain.
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29 octobre 2005
L'indécence
... ne prévient pas, elle arrive.
Et elle est arrivée hier. Quand on se fourre un RMI dans les narines à deux en moins de 24 heures, on nage dans le grand n'importe quoi. Surtout quand on sait que la fin du mois va commencer le 4, en conséquence.
Et je ne m'en suis pas tenu là. A l'heure où je blogue (il est 14 H 30) je suis connecté sur le net où j'alpague des mecs. Gé dort. Il s'est effondré il y a deux heures. Il faut dire qu'il a bien donné. Quand je suis rentré du bordel (oui, une fois encore, le bordel, et une fois encore, nous ne sommes pas rentrés ensemble), quand je suis rentré du bordel, je disais, j'étais d'une humeur de chiennasse. Il n'y a pas d'autre mots. Alors, sans utiliser d'autres mots, j'ai dit à Gé :
-Ce matin, je vais être une chienne, ça va être trash (elle est belle, la France d'en haut !)
Alors, je me suis servi à 8 h du mat' une vodka-pomme, j'ai aligné un trait et pour être trash...
J'ai fini par pécho une bombasse sur citéconne, et avec Gé, on peut dire qu'ils m'ont larvé... Me suis pris leur deux bites en même temps, et le pire, c'est que j'ai aimé ça. En me sautant, Gé me lubrifiait à la C... Ce qui me rendait encore plus chaud-bouillant. Un carnage. Je suis devenu une serpillière !
Ils n'ont pas eu raison de moi, mais mon cul a eu raison de leur queue, c'est d'ailleurs ce qui explique que, bien que n'ayant toujours pas fermé l'oeil, je chatte avec Nico et je suis sur les site de pédales...
Pour info, un keumé que j'ai jeté ce matin, retraverse Paris à ma demande cet après midi : par la bite, je les tiens par la bite et ils aiment ça !
Le mec qui m'a sauté tout à l'heure avec Gé vient de m'envoyer un nouveau message : visiblement, il a du mal à se remettre de ses émotions, et me complimente sur "ma belle gueule". Il exagère un peu mais c'est exactement ce dont j'avais besoin !
Allez hop ! Simone, au taf ! (Et la suite au prochain numéro)
- Vous qui trouviez que ce blog devenait convenu... -
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28 octobre 2005
Les pellicules du diable © Bret Easton ellis
Les pellicules du diable encore collées aux narines après une nuit de débauche insatisfaisante. Je boucle les derniers dossiers avant de profiter de quatre jours de repos que je pressens déjà comme une succession de dérapages incontrolables.
Raconter mes excès de ce jeudi soir : c'est drôle, j'en ai envie, mais j'ai acquis une réserve à l'égard de mon lectorat qui est un peu le pendant de celle qu'on peut avoir avec son conjoint : au début, on se permet tout, on se dit les choses, puis vient le temps du mal assumé.
Dommage pour vous, parce que c'était chaud. Quand même.
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26 octobre 2005
Pour un sursaut
Je ne sais pas où je vais mais je ferai acte de réalisme. Prendre la main non pas sur notre histoire, juste sur la mienne. J'ai besoin d'air. Je ne me satisferais plus de meubler mes loisirs en avalant des mauvais polars ou des séries B diffusées sur 13° rue Côté frisson, je ne veux pas encore me résoudre à des contacts anonymisés dans des bordels qui sont à la drague ce que Lidl est à l'épicerie.
Je me préfère hargneux plutôt que dépressif.
J'ai fini le dernier Houellebecq. Premier roman qui me fait renouer avec la lecture, alors qu'il y a quelques années encore, je dévorais deux bouquins par semaine.
Puis j'ai craqué sur le dernier roman de Bret Easton Ellis : Lunar Park. Putain, ça me fait le même effet qu'une ligne de coke qui n'en finirait pas. Ca faisait longtemps que je n'avais pas bandé en tournant les pages d'un livre. C'est magistralement bien écrit et c'est tout ce qui compte.
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25 octobre 2005
Nous avons évité le pire
à savoir, la rupture par SMS. Et pourtant, nous n'en avons pas été loin. Après plus de deux ans, ç'aurait été vraiment con.
J'étais dans le bus, rentrant du bureau, à 21 H, quand j'ai reçu un texto du genre : "je boucle mon sac, tu n'y crois plus, je te laisse aller de l'avant". Epuisé mais un rien lucide encore, je lui ai demandé d'attendre au moins que je rentre pour évoquer le problème de vive voix. Il y a des choses qui se font, d'autres qui ne se font pas. On n'est pas chez les popus.
Pour une fois, c'est lui qui a parlé. Longuement. Pour ma part, j'étais trop vanné par un week-end naze et une journée occupée à régler des "vrais problèmes" (et dieu sait - sans vouloir me donner un rôle que je n'ai pas - que le dossier qui m'a occupé hier jusqu'à 21 heures mériterai que j'y sacrifie ma vie de couple tant il est crucial pour quelques centaines de milliers de mecs et de gonzesses qui, l'hiver venu, n'ont rien à se foutre sous la dent ! Alors les atermoiements des tapettes en folie, moi compris, il y a un moment où ça me dépasse)
Aujourd'hui, je n'ai plus assez de distance ni de lucidité pour évaluer nos chances de sauver cette histoire.
Il a pourtant raison sur un point : c'est quand il me répond plaisir quand je lui dit "blessure narcissique"... Mais je suis allongé et lui non, la différence est là. Il m'aconcédé la frustration sur le désert culturel absolu qu'est notre quotidien. Mais Cette conversation, on l'a déjà eu dix fois.
Pour ma part, je vois la quarantaine arriver doucement et surement. Mes centres d'intérêt bougent -et c'est tant mieux- et en même temps, j'ai du mal à faire le deuil de certains petits plaisirs.
Je crois que je l'aime. Je crois que je peux encore construire avec lui. Nous pouvons peut-être dépasser ces moments compliqués. Mais c'est sans doute au prix d'envisager l'histoire autrement, plutôt que d'essayer d'atteindre une relation idéale que nous n'avons,ni l'un, ni l'autre, la possibilité d'atteindre.
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24 octobre 2005
En gris
Je m'ennuie, c'est certain dorénavant.
Un week-end pour rien. Nous l’avons encore passé côte à côte, sans être ensemble réellement : quand je n'essaie pas de le fuir, je lui en veux d'être là, puis de n'y être plus.
Un dîner à Berthier samedi. Là encore, j'y étais sans y être vraiment. De l'alcool, un peu. De la C. bien entendu. Un ami que je n'ai pas croisé depuis longtemps, invité à l'impromptu. Un vétéran. Comme moi. L’envie de se dire des choses. On se le promet. Très vite, mais pas là.
Bouger ? Il le faudrait puisque nous ne pourrons pas dormir. Un verre pour finir, chez lui dans le Marais. Des plans sur la comète pour faire la fête, par défaut : je ne suivrai donc pas Gé. Comme d'habitude, comme chaque samedi depuis [je ne me rappelle plus]
Un verre dans un bar à cul avec F. C'est glauque. Je n'y suis pas dedans. Me casse. Retour à Berthier. Je chatte, je n'ai envie de rien. Si, peut-être d'un séisme qui d'un seul coup rebattrai les cartes. Un séisme ? (Un autre ?)
6 heures du mat'. Gé rentre, plus abimé que je ne l'ai laissé quelques heures auparavant. Des verres en plus. Des drogues en plus. Pas les mêmes. Il est en demande. De tendresse. De mots. De sexe. Je suis à vif. Il n’y est pour rien. Mais il m’insupporte. Ses mains qui courent sur moi me hérissent, les lèvres qui se posent dans mon cou me crispent. Je ne suis pas en mesure de lui donner quoi que ce soit. Qu'importe pourquoi.
Pour fuir, me suis assommé à coup de bromazepam.
Le temps de deux heures, dimanche, je me suis levé. Nous avons échangé moins de 10 syllabes. Et suis retourné dans mon repaire. Ma chambre.
Ma chambre.
Pour la première fois que nous vivons ensemble : j'éprouve ce besoin d'un lieu à moi. Au défaut : le sommeil. Toujours le réflexe.
Alors, j'ai dormi. 22 heures sur les 24 dernières qui viennent de s'écouler. Sans fatigue même. Juste pour échapper. M’échapper ?
Egaré dans mon quotidien, je me dis que je dois prendre la main, de nouveau. Provoquer le séisme. Sauf à me résigner, quitte à me perdre.
Je devrais aussi préférer la solitude au zapping. De semestre en semestre, c'est la valse des prénoms, au niveau des amis. Les valeurs sûres se font plus rares. Elles m’ennuient aussi. J'ai moins envie de profondeur que par le passé. Et pourtant, les discussions à bâton rompu me manquent. Les nuits à refaire le monde aussi.
J'étouffe dans ce quotidien à l'horizon démesurément étriqué.
Peut-être écrire. Autrement ?
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21 octobre 2005
J'aurai du m'en tenir à ça
...Et m'en tenir là.
Bon, Ok, je le concède, c'est abscons. J'm'essplique :
Avec Gé, pour des raisons qui m'échappaient jusqu'à hier encore - et je ne suis pas certain aujourd'hui de les connaître toutes - notre vie sexuelle était entre parenthèses. Pas depuis des mois... Non ! Une quinzaine de jours. Mais depuis quelques temps, nos étreintes se font plus rares, nous ne les cherchons plus. Peut-être en sommes-nous parvenus à ce point que parfois "il faut bien assumer son devoir conjugal". Si c'est le cas, c'est le début de la fin. Mais, de toute façon, dès le premier jour d'une histoire, C'EST le début de la fin !
Bien sûr, quand nous faisons l'amour, c'est toujours aussi formidable, et sans me mentir, je peux écrire qu'aucun mec, rencontré par ailleurs, ne me fait prendre mon pied aussi bien que Gé. Sauf que ça se fait trop rare. Sauf que je connais chaque centimètre carré de son corps. Sauf que je ne le découvre plus. Sauf que l'on ne se surprend plus.
Tout ça, lui également le vit. Et c'est à peu près certain que je touche à une fatalité de la vie de couple.
Il faut simplement que nous parvenions, une fois encore, à dépouiller notre histoire des réflexes de l'hétéronormalité dans laquelle nous avons grandi et qui ne nous appartiennent pas. Pas simple.
Pas simple, parce que même si ce blog, comme les autres, prend parfois l'allure des "chroniques d'un chaud lapin vieillissant", je me censure au quotidien. Incapable - ou presque - d'auto-érotisation (jolie formule pour dire que je ne suis pas un branleur), j'ai été ces dernièrs jours d'une sagesse exemplaire : comprendre "j'ai accumulé les frustrations".
C'est le principe de la cocotte-minute.
Ca faisait donc hier 48 heures... que je ne pensais plus qu'à ça !
Incapable de me concentrer sur autre chose que le cul des mecs. Me suis donc débrouillé pour m'organiser un rencard avec un mec chopé sur bbz.com, et ai calé un RDV entre la sortie du boulot et les courses au Franprix du coin (y'a rien à comprendre, c'était VRAIMENT les courses au Franprix !!!), accompagné de Creaminal pour l'occasion.
Et là : waouch ! Une putain de bombasse !!! Et qui ne m'a même pas jeté. Un gars beau comme un dieu, gaulé j'te dis pas, avec une bouche (censuré)...
Par-fait. Exactement ce dont j'avais besoin !
C'est donc tout guilleret que j'ai chopé Creaminal, et que nous sommes rentrés prendre l'apéro avec Gé.
Et j'aurai du en rester là.
Parce que l'alcool aidant, et les tirets n'arrangeant rien, une fois que nous nous sommes retrouvés en tête à tête, Gé et moi avons renoué le dialogue. Il m'a fait part de ses questionnements professionnels, cause selon lui de son marasme. Ensemble, on a décortiqué les tenants et les aboutissants des spirales dans lesquelles on est entrainés : dévolorisation, incommunicabilité etc. Et il est devenu évident qu'il n'y a pas que son taf qui participe à ce malaise.
Il était assez en demande. Mais moi, j'suis pas son doc. Pour bouger, il a besoin d'un coach. Moi, je peux juste être là, l'accompagner, l'encourager...
Mais à un moment - et ce moment est arrivé hier, juste après la discussion - à force d'accumuler la pression, la cocotte minute explose. Très simplement, je lui ai dit que j'avais besoin de me tirer, sur le champ. De prendre l'air. D'être égoïste. De "décompresser" dans un éthylisme cocaïné assez vulgaire. Et c'est ce que j'ai fait.
Il est évident que je n'aurai pas du. Je l'ai blessé. Mais m'interdire une nouvelle fois le dérapage, dans le contexte c'était à coup sûr aller au conflit avec lui. Je l'aurai injustement mis en cause pour tout et rien. Je suis un sale con - je le rappelle.
Je suis donc rentré vers 3 heures du matin, après une virée pathético-glauque qui ne pouvait être autrement. Mais qui a eu au moins le mérite d'être. Il s'était couché dans le salon. Il me faisait la gueule - légitimement - . Il m'en voulait et avait raison.
Il a fallu que je l'invite à plusieurs reprises à me rejoindre dans la chambre pour que, de mauvaise grâce - il s'y résolve. Sans plus rentrer dans la discussion, simplement, je lui ai dit les choses. Il m'a dit pouvoir les comprendre.
Ce matin, au réveil, nous nous sommes blottis au creux l'un de l'autre. Nous aurions pu faire l'amour si je m'étais permis de passer un coup de fil à ma secrétaire pour annuler mes rendez-vous de la matinée. Je ne l'ai pas fait...
Avais-je les moyens de le faire : pas sûr. Un autre conflit d'équilibre.
Peut-être à tord, il me semble que la pression s'est un peu relâchée. Nous nous retrouverons ce soir, et pour la première fois depuis des semaines, j'en suis impatient. J'ai envie de le serrer dans mes bras. J'ai envie de me dire qu'on a sauté une nouvelle haie.
[Putain ! C'est plus un blog, c'est "les feux de l'amour"... Ou pire, ça ressemble à un soap vénézuelien. J'ai honte !!!]
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19 octobre 2005
Le coup de reins
Comme d'habitude, c'est le boulot qui me sauve. Enfin, en partie.
Il y a d'abord eu lundi la séance chez Béatrice -mon analyste, au cas où certains lecteurs viendraient de nous rejoindre - échange sur les variations "prendre la main" et "lâcher prise". Urgence aussi de régler les problèmes les uns après les autres, et as usual, c'est ma carrière qui prime. Je suis un animal social. M'enfin, je ne découvre rien.
L'après-mi : réunion du CCAP (Comité de coordination de l'action publique) : enfin, un truc de ce genre - ne rêve pas Sakakini, tu n'en sauras pas plus - a propos du dossier "€" : cette putain d'épine dans ma vie professionnelle sur lequel "les forces de l'argent" sont combattues par le Don Quijotte que je suis. Bref, le CCAP a tourné à un très joli exercice de langue de bois et d'effets de style dans le genre "on patauge dans la choucroute" : feuille de mission qui nous est fixée par le TGB (très big boss ) : mettre en oeuvre les annonces, en ne fâchant personne (c'est à dire en faisant croire aux forces du mal qu'on ne change rien, et aux pauvres qu'on change tout), tout en ne bougeant pas un iota à la moindre circulaire. Une équation dont on nous livre la solution et à laquelle on colle quatre inconnues totalement incompatibles entre elles.
Regards perplexes avec ma collègue, Sophie, d'un autre département d'action publique - qui en principe s'oppose à moi - qui finit dans un éclat de rire : ON N'EST PAS... DANS LA MERDE !
Je fonce illico rejoindre Sophie - major de sa promo d'une jolie boite à diplôme - après la réunion : on échaffaude pour le coup une stratégie commune. [Soit dit au passage, Sophie me fait à chaque fois un rentre-dedans assez discret mais suffisament appuyé pour que je m'en rende compte, et ça marche ! Ca m'enerve d'autant plus qu'une fille comme ça aurait à coup sur été une mère idéale pour mes gosses. En plus on aurait fait un putain de beau couple, dans une autre vie. Ben oui, il m'arrive encore parfois d'avoir des regrets.]
J'ai donc fini par reprendre du poil de la bête grâce au projet "€" qui était moribond vendredi, qui risque d'être enterré aujourd'hui, pour resurgir de ses cendres dans quelques semaines... Ca s'appelle sans doute "de la bonne administration...
Entre temps, mardi, j'ai eu une autre réunion avec des pontes dans laquelle j'ai pu montrer non seulement que je connaissais mes sujets, mais encore que j'avais la préoccupation de l'humain, ce qui est le minimum quand il s'agit d'économie sociale. Hier soir, donc, rendez-vous en tête à tête avec l'un desdits pontes pour nous livrer à un tour d'horizon des collaborations possibles entre mon service et le sien. A la fin de l'entretien : je me lance sur le tempo "si vous avez beoisn de sang neuf -séropositif, mais c'est un point de détail - je suis votre homme". Message reçu 5/5. J'ai bon espoir d'avoir une autre proposition de nouveau boulot dans les prochaines semaines et j'en profiterai pour laisser tomber la perspective de devenir un travailleur social de luxe que je vivais comme une punition.
Mon ex-boss, que je tiens régulièrement informé de mes circonvolutions professionnelles, me la joue "ne prends pas de risque, dans ton état" : ce qui m'a fait sortir de mes gonds, en lui indiquant que si je n'avais jamais pris de risque dans ma vie :
a) je ne serai pas séropo ;
b) je moisirai encore comme chef des hôtesses d'un office de tourisme d'une ville de merde.
Il a ramassé ses dents en concluant "je t'aurai prévenu".
Des nouvelles de ma mère, qui dédramatise auprès de chacun de ses gamins : moi je reste perplexe devant son discours. "Ils" lui ont enlevé les tumeurs cancéreuses, mais "ils" la soumettent à 5 séances de radiothérapie par semaine pendant un mois...
Retour à Berthier après le taf hier à 22 heures. J'essaie de titilleer Gé sur le terrain : j'aimerai bien baiser et je lui montre que "je suis content de le voir" : et à mon tour je ramasse mes dents ! Il a échangé moins de 30 mots avec moi durant toute la soirée. J'ai le sentiment de prendre un train et de le laisser sur le bord du quai. Ce n'est pas la première fois. La spirale de son auto-dévalorisation s'est mise en route à mesure que celle de mon auto-réévaluation était engagée.
Je lui fais part, à un moment de la soirée, que si j'ai ce nouveau boulot "je changerai ma vie". Je pense qu'il a compris que je le virerai. C'est à la fois vrai et faux. Ce sera en tout état de cause vrai s'il ne se donne pas les moyens d'être heureux et de bouger dans son boulot où il me serine qu'il est malheureux.
Je ne comprends décidément pas ces personnages qui englués dans leur marasme ne font rien pour s'en extirper.
Là, j'ai la hargne, mais c'est une hargne de mouvement.
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17 octobre 2005
-suite-
Ce qui m'effraie le plus, dans la période de dépression que je traverse, c'est la distance. Je veux dire, la distance avec laquelle je subis. J'arrive encore à l'habiller, à faire comme si. J'ai pourtant besoin de tannière. En quète, encore une fois, de ma chambre ursine. Ma solitude me manque. Mais je sais déjà que si elle était, elle me peserait.
Insatisfait ou trop humain ? Trop masculin, sans doute, seulement. Mais je sens encore, que d'échapatoire il n'y a pas.
Etonné, je retrouve parfois, sur mes pas, le chemin de chapelles. Je cherche seulement dans ma ville des endroits hors du monde. Je me dis qu'il faudra que je retourne à Saint-Julien le Pauvre. C'est un de mes endroits préféré. Il y a si longtemps que je n'y suis pas rentré.
Paris, je ne la vis plus depuis que j'y vis. La ville me manque depuis que je ne fais plus que la traverser. Ce week-end a été gâché : j'aurai très bien pu partir m'égarer, je n'en ai rien fait. Nous sommes restés là, comme deux solitudes côte à côte, avec comme seul horizon le mur d'une école, à Berthier.
Oui c'est cela, j'ai le sentiment que nous vivons dorénavant à côté, sans n'être plus ensemble.
Je ne doute pas de son amour. Doute-t-il du mien ? Devrait-il en douter ? Je ne sais pas. Et pourtant... Il faudrait relancer le jeu. Réanimer les émotions. J'attends ça de lui. Très clairement, j'attends ça de lui. C'est ce que je voulais dire, lorsque j'écrivais "je veux que l'on prenne la main". J'ai besoin d'être étonné. D'être surpris. Peut-être d'être plaqué tout simplement.
Je me sclérose. Dans mes amours et dans mon utilité sociale je me sclérose. Je ne crois plus, ni dans ce que je suis ni dans ce que je fais.
Je sais encore que si c'est moi qui relance, ça marchera, pour un tour ou pour deux. Mais je sais aussi qu'à chaque fois je m'épuise un pleu plus. Au bout, c'est la violence qui gouverne.
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16 octobre 2005
La possibilité d'une faille (2)
C'est dorénavant avéré, l'équilibre que je parvenais à afficher jusque là se lézarde, un peu comme si je m'étais donné rendez-vous une nouvelle fois avec l'absolue sincérité envers moi.
Combien de temps tiendrai-je encore dans cette comédie ?
Les drogues ne m'amusent plus -m'ont-elles d'ailleurs seulement un jour amusé, en dehors de la première fois : devenir toxico à 30 piges, quelle misère ! - ; le sexe m'effraie dorénavant : je suis devenu incapable d'autre chose que d'être en attente, et demeurer en attente, à 36 balais, c'est poireauter pour un tram qui ne viendra pas. Dustan avait sans doute raison : la séduction c'est une question d'attitude passé 25 ans pour les pédales.
En résumé, mes références m'auront appris qu'un garçon peut mourir à 17 ans car il a vu l'essentiel (Brel), et qu'un pédé est out of order à 25.
J'ai cru un instant que grace au sida j'aurai pu être un de ces suicidés trop tôt : pas de chance, je suis aujourd'hui un de ses vétérans. A la veille de novembre : je regarde le bilan. Socialement, c'est nickel, ça affiche bien. J'ai même un mec avec qui on se joue la comédie de l'amour. Au fond de moi tout est brisé depuis.. Depuis... Mon dieu, si tu savais... J'ai toujours gardé la certitude de cette faille. Conscient qu'elle ne pourrait que devenir béante.
Il faudra quand meme qu'un jour je me regarde réellement en face et que j'en tire les conséquences qui s'imposent.
J'aurai envie qu'on me porte un peu. J'aimerai tant que les initiatives ne dépendent pas de moi. C'est lourd d'être un mec.
Depuis deux ans, j'ai tout remis sur les rails pour que ma vie ressemble à quelque chose : ce soir je regarde et j'ai la certitude que ça ressemble effectivement à un truc honnête. J'ai pris des décisions responsables, j'ai redressé le cap, j'ai construit avec un autre et j'ai même mis mes compétences au service des autres.
Sauf que c'est pas moi.
J'accepte quotidiennement des contraintes que j'ai envie de balayer, je me censure dans ma vie de couple et ma vie professionnelle : je n'existe plus, j'étouffe, trop occupé q ressembler à celui auquel je voudrai que l'on croit.
J'ai flingué ma révolte, et si j'étais bien quelque chose, c'est ça.
Finalement, mon seul espace, c'est peut-être encore ici.
J'ai expédié Gé piccoler, ce soir, histoire d'être un peu seul face à moi après un week-end de riens. A la manière d'un Daniel24, de Houellebecq, j'ai aussi passé mon temps à tenter de trouver un intérêt dans une excitation pixellisée.
Faut dire que j'en ai marre des vents que je me prends, quand je suis en bordel, et combien suis-je conscient que rien de mieux ne peut m'arriver, figé la, hiératique dans ma supplique, lorsque je m'égare dans les bas fonds : "renvoyez moi une image désirable de moi".
C'est dur de considérer que des choses auxquelles on trouvait un plaisir sont définivement terminées.
Tout est à la fois si court, et tellement long, lorsqu'on est couard.
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