« Au passage | Page d'accueil | On y est »
18 janvier 2006
J'y reviens [Garfieldd]
et je parle de la révocation de Garfieldd.
S'il y a pu y avoir sur le site de notre ami des malheureuses "bites", quelques "poils", et deux ou trois "culs" qui se sont égarés, c'est au milieu de textes qui, lorsqu'il évoquait ses fonctions, n'en étaient pas moins des odes à l'école républicaine.
Il nous donnait, dans ces billets là, l'image d'un homme intègre, passionné par sa mission de service public, animé par des convictions fortes, au service de tous.
Il a, à chaque fois qu'il a pu, dans ses billets, rappelé que l'école était le creuset de l'intégration, le passage premier et obligé de la socialisation que nous sommes collectivement condamnés à réussir.
Il s'est inscrit, dans ces moments, en filiation directe avec la philosophie de Jules Ferry.
L'éducation nationale oublierait-elle que ce proviseur là était également un homme, avec des sentiments et des passions.
On livre en pature à une opinion publique avide de scandales, quelques lignes un peu chaudes, totalement sorties de leur contexte, et qui laissent à penser que Garfieldd est un dangereux pervers au contact de gamins. Je rappelerait que quelques pédales en ont fait de même à mon propos en ne saisissant que quelques bribes de mes blogs pour me mettre au pilori : n'oublions jamais que la désignation est toujours la première étape de la persécution.
Je suis totalement solidaire avec toi, Garfieldd.
Et bien oui, Garfieldd avait des couilles et il s'en servait. Il avait aussi des convictions qu'il mettait au service de l'école républicaine : mais l'un est-il incompatible avec l'autre ? Ou alors l'administration veut-elle des robots ?
Il a pu dénoncer l'incurie d'un système : le même qui a laissé une enseignante se faire poignarder, sans réagir. A-t-on viré cette dernière ?
Il a pu parfois regretter des lenteurs, comme le docteur Vasseur, médecin à la Santé : aurait-on du museler celle-là.
Un blog, c'est à la fois un journal intime et une oeuvre publique. Le mélange parfois sulfureux entre deux univers qui, chacun mis côte à côte, reflètent la totalité des facettes d'un individu.
Garfieldd aurait publié un bouquin, qu'il aurait peut-être bénéficié d'une autre médiatisation.
A-t-on révoqué Houellebecq de l'Assemblée nationale, où il travaillait, parce qu'il a pu écrire les "particules élémentaires", qui pour être cul, l'étaient ?
A-t-on viré Guillaume Dustan du corps des Conseillers de tribunaux administratifs pour sa plaidoirie pro-barebacking et son apologie des drogues ?
De deux choses l'une : soit l'Education nationale est la dernière enceinte, dans laquelle des relents d'un autre âge sévissent encore (je n'évoque même pas la nausée que me cause l'information qui fait état de ce que Garfieldd a été dénoncé par ses collègues) ; soit elle admet s'être trompé et restaure l'honneur d'un homme.
10:05 Publié dans Le blog | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note

Commentaires
totalement d'accord avec toi. Je trouve que cette chasse au blog est entrain de devenir malsain. D'ailleurs c'est les professeurs du lycée qui en cherchant des blogs ayant des propos contre eux qui seraient tombés sur le blog incriminé et l'ont dénoncés. Je trouve que c'est une forme de censure teinté d'homophobie. Vive la France !
Ecrit par : zigourat | 18 janvier 2006
La blogosphère a son affaire Dreyfus et, foi de pédéblogueur, ca ne se passera pas comme ça !
Ecrit par : polymorphe | 18 janvier 2006
Salut, il y aurait sans doute des choses à fouiller du côté du recteur d'académie qui est intervenu et qui n'est pas blanc-bleu. Trouvé sur un blog : "l'un de ses bouquins est souvent cité en référence sur des forums d'associations de défense de la famille traditionnelle, ou sur des sites d'associations un peu trop cathos."
Mais j'ai pas le nom du recteur...
Ecrit par : nicolas | 18 janvier 2006
il n'y a plus de liberté d'expression et cela est xtremêment grave ! un blog est synonyme de liberté de parole et être sanctionné de la sorte rappelle les années sombres de l'histoire française…
maintenant un blog c'est aussi le fait de se dévoiler intimement sur le net et à mon avis il aurait dû ne pas donner de noms et rester anonyme.
Cela dit cela n'excuse pas l'education nationale tojours aussi rétrograde (cf le port du foulard…)
enfin c'est triste pour Garfieldd…
Ecrit par : castore | 18 janvier 2006
Il n'aurait effectivement pas dû pas donner de noms et rester anonyme.
On peut cependant aussi se demander la raison pour laquelle le journaliste de "Libération" a choisi de nommer la municipalité dans laquelle est situé l'établissement scolaire.
Ecrit par : n/a | 18 janvier 2006
Allez bis ! "Il n'aurait pas du"... J'adore... Moi e suis solidaire, à temps plein. N/a, : pour info : tu me saoules grave. N/a : nul et non avenu ?
Ecrit par : Phil | 18 janvier 2006
Continuons notre soutient : http://www.allogillou.com/
Ecrit par : Furyo | 22 janvier 2006
Les commentaires sont fermés.