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21 mars 2006

Une bombe

ce salaud a pensé m'envoyer une bombe.

Je croyais pourtant l'avoir mis à terre, à force de ne lui promettre que du vent. Il me dit avoir baissé la garde. Il me dit que je suis sa drogue, dorénavant.

Dépendant. Le mot est lâché. Et je sens déjà des flots de sang converger vers ma queue, pour la gonfler, la tendre, la tuméfier presque, à la seule idée de le maîtriser. A la seule idée de le tenir là, puis de le jeter à terre.

Il veut avoir mal.

En m'aimant, il veut se punir. Je suis sa flagellation.

Il a trouvé en moi un maître. Le puzzle de lui, que je lui ai sommé de m'envoyer, me suffit. Il est encore assez beau pour être abimé. Vraiment cassé.

Il me dit juste. Il me dit maître. Il se dit amoureux.

Je sais qu'il joue. Comme moi. Sauf que moi je ne joue peut-être pas. C'est comme ça que je le tiendrai. Les cartes, c'est moi qui les ai.

Tu kiffes, hein ?

Oui, je suis entier.

Oui, je suis sincère.

Oui, j'aime les autres, à défaut de m'aimer tout court, même si c'est aussi, parfois pour déverser le trop plein d'estime que j'ai de moi.

Jusque là, t'as tout bon.

Oui, tu es un garçon intelligent, sûr de toi, et égoïste. Ton CV plaide pour toi.

Tu es brillant : c'est bien le problème. C'est d'ailleurs ce que l'on te reproche : tes fautes, tu les assumes.

Mais si tu es brillant, tu reste pourtant médiocre, car si tu ne l'étais pas :  tes fautes, tu les éviterai. Au lieu de cela, sans cesse, tu les recommences. Tes fautes ont pris le hoquet. 

Tu sais déjà pourquoi je te quitterai. Car c'est moi qui te quitterai. Je te quitterai à cause te ton égoïsme. Ou plutôt de ton égocentrisme. Celui qui te rend fier de ton cul, de ta bouche, de tes yeux, de tes abdos... De toutes ces parcelles de toi que tu as livré à mes yeux avides et que j'ai déjà envie de posséder.

Tu n'as rien perdu, au regard de ce que tu vas perdre, avec moi.

Tu me dis avoir payé cher. Je te laisserai sur la paille.

Mais auparavant, je t'aurai rendu heureux. Comme jamais. Et le seul souvenir de ce bonheur te comblera.

Pourtant, tu pleureras.

Encore. Tu pleureras.

Encore et encore.

 

 

 

Commentaires

Il ne pleurera pas longtemps. Il jouira encore une fois, les yeux ouverts fixes vers toi. Il se relèvera. Se ressaisira, réalisera. Il s'en remmetra et s'en ira. Tu verras.

Ecrit par : Room Service | 21 mars 2006

@ Room : il n'est pas toi. A moins que. Tiens, d'ailleurs, je n'y avais pas pensé. Il est peut-être toi. Ou tu es peut-être lui. Vous êtes si proches. Un peu. Et vous ne vous releverez pas. Ca, je vous le promets.

Ecrit par : Phil | 21 mars 2006

merci à Phil pour toutes ses promesses de bonheur.
et merci à Room pour sa fine analyse de l'issue.
celui qui pliera ne rompra pas et se relèvera grandi et plus fort.
prêt à écrire la suite de l'histoire?

Ecrit par : le dilettante | 21 mars 2006

Heureusement que je ne suis pas il...

Ecrit par : Room Service | 21 mars 2006

'tainnnn !

Avec tous ces corps caverneux qui se gonflent à l'extrême, ça va finir par une explosion malencontreuse dans ton slip, cette histoire... Le truc gore, quoi !

Ecrit par : nicolas | 21 mars 2006

Nico, tu sors...

Ecrit par : Phil | 21 mars 2006

l'explosion a déjà eu lieu, à n'en pas douter.
pétard mouillé.

Ecrit par : le dilettante | 21 mars 2006

Les commentaires sont fermés.