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31 mars 2006
Je me désespère
Entretien d'embauche. Je m'attendais à ce qu'il me pose la question : "vous valez combien ?"
Alors, quand il l'a posé, ce fut plus fort que moi. Je n'ai d'abord rien dit. J'ai senti que je ne pouvais pas. J'ai avancé mon salaire. Celui d'aujourd'hui. Incapable de prétendre à plus. C'était indécent, viscéralement impossible.
Avec un sourire triste, je lui ai dit que je n'étais pas un homme d'argent. Que j'étais là pour les missions qui m'étaient confiées, pour la confiance que l'on me témoignait. Pour terminer ce que j'ai commencé.
Puis, en calculant rapidement, je me suis rendu compte que non seulement je ne gagnerai pas plus d'argent. Mais qu'en l'état des choses, j'en perdrai sans doute. C'est précisemment la seconde fois que cette situation m'arrive. Ce n'est donc pas un hasard.
Mon interlocuteur était désarçonné. Il a avoué n'avoir jamais rencontré ce cas de figure.
Cette histoire me tue. Sur le terrain symbolique elle me tue. J'ai obéré mes perspectives de sortie des emmerdes. Sciemment. Volontairement. Par pudeur.
Ce soir, je m'en veux. Je m'en veux de m'estimer aussi peu. Je suis fatigué que la moitié de moi qui crève prenne systématiquement le pas sur celle qui aimerait continuer un peu.
Je vais tenter de récuperer le coup demain. Préciser que ma prétention était nette, et non pas brute. Comme mon interlocuteur n'a pas percuté, j'ai encore une chance. Je crois que je dois me violer. Me donner une deuxième chance. Ce serait trop con.
Gé va reprendre un nouveau boulot lundi. J'y suis malheureusement un peu pour quelque chose et j'espère que nos relations ne souffriront pas de ce coup de pouce. Sur ce coup, ce n'est pas de moi dont j'ai peur, mais de lui. Nous nous ressemblons parfois tellement.
J'ai souvent envie d'appeler à l'aide... Si je n'avais pas autant d'amis qui me lisaient, je crois que je confesserai des obsessions si noires.
Une fois encore, je me suis vengé sur des corps. J'avais ma gueule des mauvais jours. Ma gueule de truand. Et les lopes kiffent les sales gueules. Alors elles ont kiffé. Elles ont encaissé. Elles ont adoré. Moi, pas. Je me suis tout juste vidé. Et de nouveau rien.
Des envies de RER. En frontal.
Berthier, suis seul. Ce soir. Aurai besoin de clôture.
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30 mars 2006
Le divorce
entre l'homme social et l'homme tout court.
Il est consommé.
Tout à l'heure, je vais négocier ma reconversion professionnelle. Tout à l'heure, j'aurai réussi ma vie. Tout à l'heure, j'aurai tout pour moi. J'aurai tenu mes promesses. Celles que j'ai formulé, envers moi.
J'ai finalement quitté le Sénat, il y a deux ans de cela, où un septennat durant, j'ai sévi au service des intérêts médiocres d'un élu incompétent et dérisoire. Je me suis acheté depuis un CV convenable, en servant honorablement la République. je n'aurai à rougir de rien quand, demain, je quitterai la vie politique, du moins côté Scagnarelle.
Je garderai dans le même temps un ami-amant, très beau, intelligent, très doux, très serviable.
Je serai fidèle à des amis que j'aime profondémment, qu'ils soient anciens où en devenir parce que l'amitié est à mes yeux le sentiment que je sais le mieux accomplir.
Je violerai l'impossibilité de la règle des Bridget Jones du Marais : avoir un beau mec, un bel appart' et un bon boulot simultanément.
Sur le plan sanitaire tout va bien.
Economiquement le gap salarial me permettra de me "libérer" de ma dette : de celle du temps passé, du temps gaspillé à attendre ce temps présent.
Et,
pourtant,
sans doute,
je n'aurai jamais tutoyé d'aussi prêt le besoin d'en finir.
Et fait j'hésite...
Sur les mots j'hésite.
Entre envie et besoin.
J'hésite. Cruel dilemne.
Pas d'inquiètudes.
L'animal est lâche. L'animal est schizophrène. L'animal est narcissique.
Il sera vivant. Encore. Pour le pire. Pour lui.
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26 mars 2006
Une rame de solitudes
Il en est ainsi des amis de blog. Ca va. Ca vient. Ca ne va plus. Ca ne vient plus.
Je n'ai pourtant pas demandé grand chose. Juste d'avoir envie. De me dire qu'ils avaient envie. Alors, il y en a qui m'ont écrit qu'ils ne demanderaient pas. Question de principe. Qu'ils me rayaient de leur liste. Qu'ils ne me verraient plus.
Pas grave. Pas très grave.
Je leur ai ouvert ma porte. Ils me ferment la leur. Juste parce que je leur ai demandé de rentrer dans ma démarche. Juste parce que je vous ai demandé de m'aider. A aller mieux. A écrire mieux.
Ce sont les vrais auteurs, qui ont fait ça. Ceux qui ont déjà tenu un pavé avec leur nom en belles lettres écrit dessus.
Ceux qui ont déjà mendié, ici où là, quelques dizaines d'euro pour leur bouquin. Ca m'interpelle. Au niveau de mon faux-cul. Un peu.
Sinon, j'étais amoureux. Vendredi et samedi. J'étais amoureux de ma vie. Gé avait su se redonner à moi. Et j'avais aimé. J'avais partagé. Aussi. Des petits moments. De rien. De beaux liens qui se tissent. Dans le jeu. Dans le rire. Dans l'alcool.
Et puis la soirée s'est achevée.
Et puis je suis rentré.
Et puis il n'est pas rentré.
Alors, j'ai paniqué.
Comme toujours, j'ai paniqué. J'étais seul. Je l'ai vu perdu. L'ai senti égaré. Dans d'autres bras. Dans d'autres draps. De Berthier, j'ai pleuré.
De la nuit, du vide, j'ai extrait une silhouette. Un jeune homme. Un très jeune homme. Très beau. Très doux. Il m'a mangé les lèvres. Je l'ai sauté. Il a aimé. Je l'ai jeté.
Quand je me suis réveillé, il n'était pas là. Encore. J'ai perdu pieds. Je vous jure que j'ai perdu pieds. J'ai senti ce besoin de tout casser pour éviter que tout ne m'échappe. Rester maître. A tout prix : rester maître. Détruire, donc, comme une évidence.
J'ai voulu t'appeler, mon Frère. Mais je n'ai pas osé.
Et puis, désolé, contrît, il a fini par se réveiller, là bas, dans les bras de l'autre. Alors il m'a immédiatement appelé. J'ai respiré. Un peu. Je lui en ai voulu. Beaucoup. Je n'ai rien dit. Du tout.
Alors, ce dimanche est devenu un dimanche de misère.
A mon tour, je suis parti me perdre, encore. Alors je me suis perdu. Bien sûr. Loin. Très profond. Très bas.
Je suis, moi aussi, devenu le Très bas.
Le premier avait vingt ans. Si peu. C'est lui qui est venu. J'ai pensé qu'il voulait se faire abîmer.
Il voulait.
Moi, je n'ai pas voulu. C'est sa bouche que j'ai voulu. C'est son corps que j'ai serré. C'est de l'amour que j'ai crevé de lui donner. N'y suis pas arrivé. C'est lui qui m'a aimé. C'est moi qui l'ai viré.
Les autres ont été dix. A dix peu. Peut-être plus. Peut-être moins.
Les laids. Ils m'ont rempli. Hideux. Adipeux. J'étais leur cadeau. Je sentais sur mon corps, leurs corps flasques. Leurs misères. Ils prenaient le peu de beau qu'il restait de moi, alors.
Ils ne parvenaient même pas à bander. Ils baisaient mal et me faisaient mal. Ils faisaient ce que je voulais. Me blessaient.
C'est quand j'ai tourné la tête, vu qui ils étaient, que je ne n'ai pas pu. Aller plus loin. Descendre plus bas.
Alors, comme un seul homme, ils ont baissé les yeux.
Tous, je vous jure, ils ont baissé les yeux.
Honteux d'avoir pu volé ce qui leur était offert. Pas comme ça. Ils sont partis. Comme une nuée de corbeaux.
Je suis demeuré las.
J'ai senti ce dégoût de moi qui me poussera, un jour ou demain.
Puis je suis parti.
Ligne 9.
Dans la rame, sur chaque carré de sièges, nous étions un seul homme. C'était une rame de solitudes. Ca aussi je vous le jure : une rame de solitudes. Une image. Un cliché. Insaisissable.
Il ne peut pas ne pas y avoir de hasard.
Quand je suis arrivé. Il était là. Mais quand je suis arrivé. Je n'étais pas là.
Je viens de sortir mon costume. Pour demain. Pour la comédie. Pour la vie.
C'est dur, d'apréhender, le temps qui dure.
21:20 Publié dans Le blog | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note
23 mars 2006
Partagé
entre deux sentiments : la fierté de bien faire mon boulot qui génère le manque total d'entrain de ma hiérarchie à me laisser poursuivre mon chemin, et la frustration de voir ce départ retardé. Juste retardé.
J'ai pourtant traversé d'autres aléas. J'ai retenu quelques leçons.
Garder la tête froide. Etre déterminé.
Ce ne signifie pas être sûr de soi, d'ailleurs. Juste déterminé. Conscient que ce qui se dessine est taillé à ma mesure.
Avoir évalué le costume et savoir que j'y rentrerai dedans. Qu'il ne sera pas trop grand. D'ailleurs il n'est pas trop grand.
Si j'ai tutoyé le pouvoir, je ne suis pas homme de pouvoir, et encore moins homme de luttes. De combat, j'en ai un à mener : continuer à laminer l'ennemi de l'intérieur. Celui qui me bouffe. Moi. Et moins physiquement que psychologiquement, sans doute.
Je retrouve depuis quelques semaines la peur. Celle des stigmates. De ceux que je guettais dès 1995 ou 1996. Une tâche trop insistante sur la peau. Un marquage. Une étoile mauve. Puis, elle disparait. Jusqu'à la prochaine crainte.
Phase critique. Je suis dans ma période bonus. Je le sais.
Toute mon énergie, je la mettrais à continuer à faire de sorte que ma vie ressemble à quelque chose. Au service de ce que je crois. C'est abominablement vulgaire. Terriblement ringard. Viscéralement vrai.
C'est peut-être mon seul talent.
J'ai abdiqué le désir physique. Tout se passe en songes. Nous avons un peu échangé sur le propos, avec Gé. Nous nous étonnons de ne plus éprouver de nécessité de baiser. Ni dans le couple. Ni hors le couple. Notre sexualité est passée à l'arrière plan. Et nos dérapages occasionnels sont, à l'un comme à l'autre, désastreux.
Notre quotidien est doux. Trop doux ?
Depuis plusieurs jours, au petit matin, quand je me réveille, il est lové dans mes bras. Nous n'avons pas fait l'amour. Mais je crois que nous faisons plus que l'amour. Alors.
Il n'est plus mon mec. Il est presque de mon sang. Il est de ma famille.
Il est mon compagnon. J'aime ce mot.
Mon compagnon.
Horriblement has been.
Et pourtant. C'est avec lui que je nourris un projet de vie. C'est lui dont je voudrai qu'il me tienne la main, au grand soir.
Je crois que je suis parvenu à bâtir avec lui cette amitié particulière qui m'émouvait tant, adolescent. Ce frère, ce copain, cette moitié de moi. Celle qui a été narrée par Pierrefitte (le bon, pas l'autre) ou filmée par Ivory.
C'est sepia. C'est surrané. Il y a des relents d'encaustique, dans ces instants d'intimité.
Mais je touche pourtant à l'essentiel.
Et tout ce qui vient fragiliser, en apparence, cet équilibre, fini au contraire par le renforcer. Ma colère devant le pathétique se mue en compassion. Je sais ce dont je suis riche. Il n'y a rien de fashion dans ma vie. Je crois qu'il y a juste quelque chose de rare : la conscience.
Prétentieux ? Assuré ? Si ce sont des synonymes de sincère, alors, je signe.
NB : je me souhaite un bon anniversaire. 23 mars 1992 - 23 mars 2006.
14 ans.
14 ans que je sais.
10:20 Publié dans Le blog | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
22 mars 2006
Premier jour
de la détention de Phil. Otage d'un système ingrat.
23:31 Publié dans France boutique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
Furax
Je suis furax.
Mon directeur refuse de me laisser partir.
On the other side : une offre qui ne se présentera plus. Se dessine un poste de direction, un boulot passionnant, éthiquement irréprochable et une progression salariale confortable.
Mon directeur actuel, lui n'a rien à me proposer, sinon une perspective de chômage à court ou moyen terme. Pas même 50 € de hausse salariale. 70 heures par semaine pour le moment.
Je fais mon boulot. Correctement, mais avec convictions. Et comme dans le monde où j'évolue, c'est le syndrôme de l'imposture qui gouverne, je suis rangé au rayon des indispensables, des incontournables, de ceux qui ont fini par exceder la taille de leur portefeuille, mais à qui on ne proposera rien, à qui on demandera toujours un peu plus, et qui seront fatalement les lésés de l'histoire. Les lésés ou les baisés.
Sauf que si je veux bien me laisser baiser, il faut qu'on m'embrasse, un peu. Et ça, je l'ai dit au directeur.
A cet instant, la grande cheffe est arrivée. En pleine altercation. Elle a grimacé.
Moi, j'ai décidé de jouer mon va-tout. J'ai dégaîné l'artillerie lourde. C'est de moi dont-il s'agit. C'est aussi de la cause pour laquelle je lutte qu'il est question, car on ne force jamais l'autre à être bon s'il a décidé de partir.
C'est valable en toute chose.Je suis amer.
Je suis déterminé.
Je parviendrai.
11:50 Publié dans France boutique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Partout où tu seras
je te débusquerai.
j'irai te chercher. J'irai te tuer.
Que tu loges sous les traits de ce garçon, croisé tout à l'heure, au regard insistant et à la silhouette trop arrogante. Il a manqué m'émouvoir. Ou bien qu'impavide mais anodin, tu traînes encore dans mon quotidien. Tu n'existes plus.
Que tu me surprennes sous le sourire d'un amour passé ou qu'une fois encore, lâche, tu me tenailles à l'agonie d'une soirée, je te laminerai.
Je t'éradiquerai, même sous les coups de lèvres trop douces de celui dont je songe encore parfois.
C'est l'heure de la résignation.
Suicider le désir.
Pour survivre.
Un peu.
09:40 Publié dans Le blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
21 mars 2006
Une bombe
ce salaud a pensé m'envoyer une bombe.
Je croyais pourtant l'avoir mis à terre, à force de ne lui promettre que du vent. Il me dit avoir baissé la garde. Il me dit que je suis sa drogue, dorénavant.
Dépendant. Le mot est lâché. Et je sens déjà des flots de sang converger vers ma queue, pour la gonfler, la tendre, la tuméfier presque, à la seule idée de le maîtriser. A la seule idée de le tenir là, puis de le jeter à terre.
Il veut avoir mal.
En m'aimant, il veut se punir. Je suis sa flagellation.
Il a trouvé en moi un maître. Le puzzle de lui, que je lui ai sommé de m'envoyer, me suffit. Il est encore assez beau pour être abimé. Vraiment cassé.
Il me dit juste. Il me dit maître. Il se dit amoureux.
Je sais qu'il joue. Comme moi. Sauf que moi je ne joue peut-être pas. C'est comme ça que je le tiendrai. Les cartes, c'est moi qui les ai.
Tu kiffes, hein ?
Oui, je suis entier.
Oui, je suis sincère.
Oui, j'aime les autres, à défaut de m'aimer tout court, même si c'est aussi, parfois pour déverser le trop plein d'estime que j'ai de moi.
Jusque là, t'as tout bon.
Oui, tu es un garçon intelligent, sûr de toi, et égoïste. Ton CV plaide pour toi.
Tu es brillant : c'est bien le problème. C'est d'ailleurs ce que l'on te reproche : tes fautes, tu les assumes.
Mais si tu es brillant, tu reste pourtant médiocre, car si tu ne l'étais pas : tes fautes, tu les éviterai. Au lieu de cela, sans cesse, tu les recommences. Tes fautes ont pris le hoquet.
Tu sais déjà pourquoi je te quitterai. Car c'est moi qui te quitterai. Je te quitterai à cause te ton égoïsme. Ou plutôt de ton égocentrisme. Celui qui te rend fier de ton cul, de ta bouche, de tes yeux, de tes abdos... De toutes ces parcelles de toi que tu as livré à mes yeux avides et que j'ai déjà envie de posséder.
Tu n'as rien perdu, au regard de ce que tu vas perdre, avec moi.
Tu me dis avoir payé cher. Je te laisserai sur la paille.
Mais auparavant, je t'aurai rendu heureux. Comme jamais. Et le seul souvenir de ce bonheur te comblera.
Pourtant, tu pleureras.
Encore. Tu pleureras.
Encore et encore.
09:50 Publié dans Fictions [?] | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
20 mars 2006
J'ai encore besoin
de ne pas te voir. Et je ne te verrai pas. Nous nous croiserons pourtant. Demain ou plus tard. J’ai besoin de te sentir, de bouffer tes lèvres. J’ai besoin de t’avaler.
J’ai besoin que tu m’accueilles. J’ai besoin que tu te donnes. J’ai besoin de te maîtriser. De te dire comment m’attendre. Comment me laisser venir. Comment me laisser t’aimer. Comment te laisser m'aimer.
J’ai besoin de sentir ma queue gonfler à la seule évocation de ton prénom. Je te veux offert.
Il sera tard.
Je t’aurais dit de m’attendre.
Que je passerai peut-être. Ou peut-être pas.
Tu seras fébrile.
A genoux. Quasi nu. Dos à tout. Dos à la vie.
Tu m’attendras.
Je passerai peut-être.
Ou peut-être pas.
Tu guetteras mes pas. Tu mourras d’attendre. Et j’aimerai ça.
Dans mon absence, je contrôlerai tout. Je vais jouer. Tu vas morfler. Tu vas aimer. Tu vas m’aimer.
Je pousserai la porte. Tu mourras. Tu mourras de moi.
Presque nu, je t’ai dit. Offert, je te veux.
Et je trouverai ta bouche.
Et je mangerai ta bouche. Tes lèvres sont sacrilèges. Tu me l’as dit. Et je t'ai cru.
Je passerai ma main. Caresserai ton corps. J’aimerai ta peau. Je remonterai sur tes jambes. Tes cuisses.
J’effleurerai ta bite. Ton trou.
Puis je partirai.
Quitte à me branler.
15:28 Publié dans Fictions [?] | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
Et puisque vous êtes ma chambre close
Je vais vous confesser. Depuis plusieurs mois, j'ai aliéné à la vie de couple chacun de mes espaces de liberté.
Et je n'ai plus, je crois, de désir.
Le respect que j'éprouve pour Gé a tué le désir. Nous n'avons pas baisé depuis plus de deux mois. Je crois que j'aurai dorénavant un sentiment d'inceste. Oui, d'inceste.
D'ailleurs, à bien y réfléchir, je n'ai pas bien baisé, tout court, depuis... je ne sais plus. Je me suis égaré dans quelques plans gore entre deux rendez-vous, sans rien n'y prendre
En ai-je encore envie ?
J'ai cessé toutes drogues, hormis l'alcool, aussi. Le sexe était au rang des drogues. Je crois.
3 à 4000 corps, en vingt ans, éclusés. Je ne vais pas ergoter à 500 près. Et il faudrait que j'y trouve encore un quelconque attrait. J'éprouve la lassitude d'une pute. D'une vieille pute.
Je ne bande plus que pour la parcelle de pouvoir qu'on me confie. Le petit-déjeuner de ce matin, en compagnie de l'âme damnée du vieil oncle de Jarnac m'a comblé. Le déminage en amont, la mise en place des stratégies au cours de la réunion, m'ont comblé. Ces jeux me suffisent. Je tirai les ficelles, tout à l'heure. J'ai tout oublié. Même toi. Et ces jours-ci, ce n'est pas une sinécure.
Pour dire vrai, depuis une semaine, je pense que je pourrai presque bander pour toi.
Nous voulons tous deux jouer. Nous nous savons déjà perdants.
Nous n'aurons rien à nous offrir. Je le sais. Tu le sais. Et pourtant. Nous créons ce besoin pour nous donner l'illusion de vivre un peu. Ne dis rien. J'ai vrai.
Tu es devenu un nouveau personnage. Mon nouveau personnage. Tu es entre mes mains. A demi fiction. Oui, c'est de toi dont je parle. Toi qui me lis. Là. Toi dont le coeur, là, maintenant, s'emballe un peu. Toi qui a envie de me traiter de salaud. Mais toi qui a déjà tant besoin de moi.
J'ai du tendre pour toi, là.
Je le trompe. Je sais que je le trompe. T'es fier ?
12:03 Publié dans Le blog | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
