30 juin 2006
A bloc
suis à bloc. Pire que si j'avais tapé une nuit durant. Sais pas pourquoi, mais j'ai besoin de casser. La haine et la connerie impérieuse et hautaine, celles que j'évoquais hier : elles me gouvernent. Il ne s'est pourtant rien passé. Ou si peu. Un point de détail. Un rien. Celui de la dame aux breloques. Mais l'incident a touché une mémoire quasi reptilienne. Il a appuyé sur une vieille douleur. Alors je suis à bloc. J'ai envie de déchirer quelque chose de beau. C'est sexuel. Fatalement, c'est sexuel.
Ce qui va se passer est réglé comme sur du papier à musique. Je tiens ma thématique du week-end : le besoin de me défouler, d'expurger, de sortir de moi cette haine que je ne veux pas garder.
Le choix entre abimer ou m'abimer.
Et ils vont aimer.
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28 juin 2006
Phil occira
la dame aux breloques. D'ailleurs Phil a commencé. Très malheureux, hier, aux portes des larmes avec ses ex-collègues, la machine s'est mise en marche : j'ai parlé, dit le malaise. J'ai choisi mon camp et je l'ai fait savoir.
Hier, d'abord c'est à N3 que j'ai fait allégeance. Enfin, pas de grand mot : un gnetlemen agreement. Suis condamné aux alliances. N3 trouve en moi un soutien supplémentaire dans sa guerre de position contre la dame aux breloques. La revanche du petit moche contre la bourge smart : je serai son petit soldat.
Ce matin en arrivant, me suis emmuré dans mon bureau de verre et d'acier. La dame aux breloques est venue toquer. N'ai pas pipé mot. Ai servi ma mine des sales jours. De toute façon je suis un livre ouvert. D"ailleurs, je suis un livre tout court. Et les autres filles de petite échelle de me de se bien délier. Des cadavres plein l'étage, j'ai trouvé.
Puis, N3 est venu prendre des nouvelles : m'assurer que N2 ne veut pas de bruits. Calmer le jeu. Tenir jusqu'à septembre. Des promesses ? Je n'en veux pas. Des faits ; des faits seulement.
L'après-midi : la dame aux breloques me demande officiellement de me charger du dossier qu'elle me retirait hier. Y aurait-il eut de la friture dans l'air. "On" serait intervenu ?
Puis, France Boutique me rappelle. Je suis son homme. Elle me soutient. Elle me (re)veut et me chouchoute. Une nouvelle piste ? Pourquoi pas. Moins d'argent ? Qu'importe ! Ce ne sera pas le souci. Les mains libres. La conscience en paix. La certitude de servir vraiment : ça vaut bien 30 % en moins sur le salaire. Et fuck pour la BNP, fuck le train de vie, l'honneur sera sauf... Rien n'est fait. Mais c'est une piste. Je reprends la pêche. N'ai pas subi. Cette nouvelle porte qui s'ouvre pourra d'ailleurs devenir un prétexte pour ouvrir le vantail d'une autre porte. Une porte de sortie. Celle de la dame aux breloques ?
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J'ai la haine
superbe, impérieuse, hautaine. La haine croissante. La haine idiote. La haine tout court. Au lever, ce matin, l'incident de la veille avec HS est toujours présent. Son dégueulis " il y a une sous directrice ici" résonne encore de toute sa connerie. Je suis déjà dans le conflit et je déteste le conflit. Je déteste tout autant le fliquage, l'absence d'autonomie, les femmes de petit pouvoir et les gens qui ne m'apportent rien. Je vomis sur le 7° arrondissement et sur ses résidents qui se croient animés par une doctrine sociale alors qu'ils n'ont jamais croisé un indigent ni eu du mal à boucler une fin de mois. Je vomis sur les mêmes qui confondent Mao et Trotski et Strauss-Kahn, et qui pensent que dans populaire il y a peuple et vulgarité. J'ai bossé pendant deux ans pour des femmes et des hommes remplis de défauts, mais dont la formation, l'expérience, le sens de l'Etat et celui de l'intérêt général les rendaient, à mes yeux et à mon envers, respectables. Oui, respectables, malgré tous les discours convenus sur l'énarchie ou l'oligarchie, que j'ai moi aussi pu tenir.
Mais je ne respecterai pas, non, Phil, tu ne respecteras pas une médiocre, une femme aux breloques, vide de sens et dont le fond est percé par des ambitions de courte vue, égoistes et mesquines. Tu entends, Phil : je te l'interdis. Comme je t'interdis d'accepter la seule idée de dépérir, de moisir comme tu l'écrivais hier. Je te somme de ne pas te laisser bouffer. Je t'ordonne de prendre la main, de garder la tête haute, de ne pas mettre le genoux à terre. Je t'assigne l'obligation morale de ne pas oublier ton histoire, de ne pas laisser prendre prise sur toi.
Je ne suis pourtant pas sur d'avoir une chance sur dix de gagner ce combat.
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27 juin 2006
Six weeks later
je moisis.
HS, ma supérieure a enfilé son costume de putassière et elle le porte bien, comme ses initiales. Vexations publiques, attaques en règle, planquage derrière son titre : rien ne m'est épargné, au point que j'ai du mettre le deal dans les mains de N3 : c'est elle ou moi. Ca veut dire qu'on la vire, ou que je bosse ailleurs.
Cool non ? Le principe de Peter au féminin, ça donne quoi : le principe de Pétra ? Ou celui de Pierrette et du pot au lait(caillé) ? La guerre est ouverte depuis cet après-midi. Je n'aurai jamais imaginé que l'incompétence et la bêtise cumulées à la méchanceté puissent être aussi esthétiquement réunies malgré un quinquagénisme pas tiré.
Elle ignore un fait majeur : je suis une pédale, donc, je suis plus mauvaise qu'elle.
Vous avez dit sanglant ?
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25 juin 2006
En traitre
ça m'a pris en traitre. C'était peut-être bien inscrit dès le début de la journée. N'empêche, j'ai le sentiment d'avoir été pris en traitre. Et puis là, maintenant, ça traine. C'est là. Installé. Pas même tapis. Ca submerge. Ne sais pas pourquoi. Pas besoin/envie de savoir. C'est là. C'est tout. C'est un fait.
C'est un peu de la colère. C'est beaucoup de la tristesse. C'est soudain. Entier. Total. C'est moi, je crois, c'est tout.
C'est la certitude de l'absurde.
J'ai brûlé mon dernier billet. J'ai acheté du vide. Et je rentre vide. J'ai eu ce que je voulais acheter. C'est pas une envie. C'est pas un souhait. Ni un voeux. C'est plutôt comme un besoin : celui de me dissoudre, et le monde qui m'entoure avec.
Alors je suis rentré, à Berthier. Et Gé n'est pas là. Un autre vide. Pas maîtrisé, celui-ci. Alors il y a de la peur. Oui de la peur. J'aurai tant aimé le serrer. Surtout ne rien lui dire. Le serrer. C'est tout.
Je vais m'enfermer dans une camisole chimique. Pour la nuit. Pour passer le cap. Tout ira mieux demain. C'est certain. Ca aussi. Mais je sais que c'est là. Depuis toujours. Je sais que c'est peut-être aussi ce qui me tient. C'est ce qui me pousse à m'abimer.
Ce soir je me suis abimé. Je n'ai pas aimé. Et pourtant, j'en avais besoin.
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22 juin 2006
Je m'ennuie
dans le costume étriqué que je me suis posé sur les épaules. Ils m'ennuient, avec leur courte vue. Ca ressemble de plus en plus à une mauvaise série TV. Un mix entre Le bureau et Caméra café. Séminaire à La Souterraine, oui, La Souterraine. Tu parles. Pour motiver une équipe : le bide ! Mais que suis-je venu faire dans cette galère. Quant à baiser à La Souterraine ce soir, même pas la peine que j'y pense. Me suis équipé. Je veux dire que j'emmène Moderato cantabile. Autant que quelque chose me fasse bander quand même. Je vais rappeler mes démons. Tous mes démons. C'est ma seule chance de survie.
Sortez les pailles, essuyez les miroirs, montez le son, trouvez-moi des garçons. Quelques dizaines pour débuter. Reprendre le rythme.
08:05 Publié dans Le blog | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
21 juin 2006
J'vous l'avais dit
2006 est trash 2007 sera pire. Pour votre gouverne, pour que vous n'ayez pas l'air nouille si l'on vous demande après une clope un "plan bukkake" - comme ça vient de m'arriver - je vous livre les armes pour répondre, en espérant que vous aurez celles pour comprendre : moi, j'avoue, j'ai du avoir recours à l'encyclopédie :
"Bukkake" est la racine d'un verbe japonais, qui utilisé seul signifie éclabousser. Le verbe bukkakeru (éclabousser d'eau) peut être décomposé en deux verbes : butsu (ぶつ) et kakeru (掛ける). Littéralement, Butsu signifie frapper, mais dans le cas présent, il s'agit plutôt d'un préfixe augmentatif que l'on retrouve dans buttamageru (ぶったまげる, "complètement choqué") ou butchigiri (ぶっちぎり, "victoire écrasante"). Kakeru désigne l'action de verser.
"Bukkake" est le plus souvent utilisé en japonais pour désigner un type de plats où l'on verse l'accompagnement sur des nouilles (bukkake-udon et bukkake-soba, par exemple).
Gokkun
Il existe une version plus "légère" du bukkake, le gokkun. il s'agit d'une onomatopée, qui se traduirait en français par "slurp", c'est-à-dire le bruit que l'on fait en avalant.
Trash ? Vous avez dit trash ? Je crois que je tiens l'idée générale.
J'pense que j'vais me faire une séance de ciné.
00:10 Publié dans Le blog | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
20 juin 2006
Epektasis
Finalement, je ne me suis jamais trop interrogé sur l'origine du titre de ce blog. Le Cardinal Danielou en est sans doute bien loin. Quoique... Au gré de mes égarements sur la toile, j'ai (re)trouvé un de mes classiques, totalement oublié depuis sa sortie en 1992. Il me sert de préface à une nouvelle rubrique à l'intitulé totalement mégalo, mais on est là pour ça.
Being at home with Claude est un bijou. Un trésor culturel totalement inclassable. Un des rares chef-d'oeuvre que je peux référencer comme tel. Il rentre dans mon Panthéon. Aujourd'hui complètement introuvable en France, j'ai dû me rabattre sur une version espagnole de ce film québécois : ç'en dit long sur la profondeur la porté du discours de défense de la francophonie. Un pur affichage politique aux tenants nauséabonds quand il faudrait dépasser Céline Dion et Roch Voisine quand on cause de culture commune.
Scénario irracontable et inexportable au dehors d'une communauté -qui n'existe pas - Being at home with Claude m'a totalement tatoué. Qu'importe s'il faut se cramponner sec pour saisir tous les dialogues, qu'importe que toutes les subtilités de l'idiome de la belle province m'échappent, il y a une intensité dans l'histoire de Claude qui résonne en moi.Ai-je jamais cherché quelqu'un d'autre que Yves ? Ai-je jamais été un autre que Claude ?
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Questionnement (pas) métaphysique
Dois-je voir un quelconque lien entre le désintérêt majeur que je semble nourrir pour le joli placard doré où je me suis enfermé et le retour délirant de ma libido ? En d'autres termes, est-ce que sexe et pouvoir sont liés ? Pour conclure le raisonnement : faut-il être frustré pour faire de la politique ?
Je crois que oui.
14:18 Publié dans Le blog | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
19 juin 2006
de mémoire de folle
et depuis que je traverse l'ère sida, je n'ai jamais, je crois, vécu une année comme celle là. Je parle de cul. De sexe en bordel, de baises entre mecs. D'ailleurs, je rentre du bordel.
Depuis l'ère sida - je disais donc, il me semble que c'est la première année où les mecs assument. Où ils sont d'équerre avec eux même. Non, non ! Ce n'est pas du relapse, ni un relâchement, ni une de ces niaiserie de discours où la morale n'est même pas sous jacente. Les mecs assument ! Simplement.
Ils sont passé dans l'après sida. C'est ni bien, ni mal. C'est une réalité. Le nier, ce serait nier le shit à tous les coins de rue, l'hypocrisie de la gauche, l'ordomoralisme de la droite, la Tour Eiffel à Paris et ma mauvaise foi.
Game over.
Les mecs n'entendent plus assumer un risque. Ils veulent évaluer en adulte, les possibles conséquences de leurs actes, pour eux, pour les autres.
Ils font un choix : ils ont entre 20 et 50 piges et se refusent à laisser "plomber" leur sexualité plus longtemps par des frustrations, des anathèmes, du latex. Ben ouais, c'est trash ! Ils disent : le plaisir, j'y ai droit, comme les gonzesses 30 ans avant ont pu dire "la pilule j'y ai droit". Choquant ? Sans doute. Mais va falloir faire avec. Ou en taule tout le monde : délit de séropositivité ou délit de plaisir. Et vu le taux de contamination et la qualité des soins dans les prisons de la République...
Tout ça, ça vient des générations qui nous poussent, des jeunots qui n'ont pas connu les potes couverts de Kaposi mais qui subissent leurs cité bouclées par Sarkozy.
Jusque là, jusqu'il y a peu, les gars, ils baisaient nkp par défi. "J'suis l'plus fort". "Je joue à qui perd-gagne". Pâle remake de Collard : on l'a joué drama-couine. Enfin surtout moi.
De ma pratique des derniers mois de baise régulière -extra-conjuguale, of course - je conclus, et c'est tant mieux, que les mecs ne kiffent plus la plombe.Ils ne veulent plus commettre un faux suicide en baisant sans capote, ils veulent juste, tout simplement, sucer une bonne teub sans cellophane et se la prendre bien profond sans film pas adhésif. Ils veulent - on veut, je veux ! - du plaisir. Du plaisir simple. Un p'tit plaisir pas cher. A portée de bite, à portée de bouche quand, rançon d'une époque, les rêves qu'on vend, ils ne sont pas pour nous.
Les irresponsable, les meurtriers - c'est comme ça qu'on nous appelait jusqu'à l'an passé - on avait comme contrepartie de nos quarts d'heures de foutre la culpabilité au mieux, les gémonies des éditos des journaux bien lissés, mal lêchés au pire. Parfois les deux. Sur Pink TV.
Cette année, le sida de papa, ça sera fini et c'est tant mieux. Tiens, j'en entends qui s'étranglent. J'en pressens qui dégueulent déjà des torrents d'insulte et d'injure. Mais rien n'y fera : le das qui qui flipper : ya basta ! Bien sûr on finira par en crever. Dans quinze ou vingt ans. Peut-être plus. Peut-être moins pour les vétérans, les vieux combattants, les vrais combattus, moi.
Mais sûr que d''ici là, j'aurai eu le temps de crever six ou sept fois en bagnole, de me prendre deux ou trois bombes de fanatiques sur la gueule, j'aurai respiré des dizaines de tonnes de particules viciées dans l'air qu'on nous sert malgré les promesses de Delanoé. J'aurai plus surement chopé quelques jolies merdes sauce OGM. J'aurai hérité du cancer de maman ou des maladies cardio-vasculaires de papa. Mais finalemet ça m'ferai franchement marrer que de crever d'autre chose que du HIV.
Stigmation et discrimination ne seront plus les deux mamelles de la prévention. Hey ! Faut descendre de ses couvertures de papier glacé et revenir dans la vraie vie.
Morale de l'expérience selon Phil : nous avons le devoir de refonder un nouveau discours qui concilie à la fois les objectifs de santé publique, le quotidien des séropos et la cohésion d'une communauté qui n'existe pas, qui reste sans porte parole mais qui est à la fois vociférante et muette. Et si aujourd'hui les vrais enjeux de nos acquis thérapeutiques c'était de déclarer la fin de la peur et d'en faire profiter au Sud. Vraiment. Au Sud. Ca porte un gros mot, je crois : solidarité ?
00:20 Publié dans Le blog | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note