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25 décembre 2006

Panic Xistmas

Si je recherche dans les archives du blog, j’ai du écrire, l’an passé ou celui d’avant, que je me réjouissais des fêtes, pour une fois.

C’est révolu.

Cette année, je le sentais mal, comme on dit.

And the winner is… Moi.

Tout a commencé par le mèl, lapidaire, de Cathy, le 24 à seize heures : « mon père vient de décéder ». Joyeux Noël. Bonne année.

La rémission du cancer a été de courte durée. Balayé en moins de trois semaines, le paternel de ma copine. Une famille à terre.

Ca, c’est fait.

Cathy a eu comme cadeau l’agonie de son père. Original ! on n’y pense jamais assez quand on offre. Pour ma part, j’ai partagé un peu ça avec elle. Je veux dire que je n’ai eu de cesse de l’avoir présente en pensée  tout au long des "réjouissances". Pour ceux qui ne suivent pas, Cathy, c’est une de celles qui compte, et accessoirement aussi une ex. Ou l’inverse, à moins que ce ne soit le contraire. Elle fait partie des quatre ou cinq de la garde rapprochée. Ca me fout les boules de la savoir mal. D’ailleurs ça ne me fout pas que les boules, ça me colle en rogne et j’incendierai bien une église (ou un temple, une synagogue, une mosquée, au choix…)

Mais le spectacle continue. J’ai donc tenté d'assumer le marathon familial. Des marches de Bourgogne en Lyonnais. De famille en famille,de tribu en tribu, d’adolescents pré-pubères en bimbos innocentes, de bellâtres métrosexuels, en gamines qui restent décidément les seuls êtres qui me décochent un vrai tendre sourire. Nous sommes allés d’agapes quasi orgiaques en messes culinaires païennes parfois hasardeuses, toutes odes au consumérisme, sacrifices au conformisme et attentats à la diététique.

Si j'étais objectif : plutôt cool le réveillon, malgré ma tristesse rentrée. Mes bouts de moi ailleurs. Tiens, la famille de Gé m’a adopté. Moi aussi. D’ailleurs Gé est devenu ma famille. C’est bien le souci (remarquez au passage la manière tout à fait dilatoire  utilisée pour éluder le sujet)

Aujourd’hui, jour de Noël, c’était mon tour, ou plutôt, celui des miens. Bravant l’hyper prévisible et donc inéluctable grève des agents de service public (des claques ouais !) de la Société nationale des chemins de fer, nous nous sommes embarqués dans un TER made in Canada (un vrai tire-cul), et avons rejoint Lyon, avec les quatre générations qui m’y attendaient. Ne manquait qu’un cadre pour la moustache du père de ma belle soeur, qui n’est pas mort d’une glissade, mais d’un cancer, lui aussi.

[Phil, arrête !]

Et là, ce fut la cata.

Nouvelle attaque de panique totalement ingérable. Tachycardie, arythmie et tutti quanti. Impossible de garder la distance. Fuir. Pas d’autre solution.

Tout cela prend trop de place, dorénavant. Je ne peux plus faire comme s’il ne se passait rien. Dans ma tête dans mes coronaires ou dans mes artères, il y a un truc qui ne tourne pas rond. Et la coke, cette fois, n’y est pour rien. Je n’ai rien touché depuis longtemps. Non, ce qui ne va pas, c’est ma vie. La manière que j’ai eu de la maltraiter. La facture qu’elle me présente.

A ne rien vous cacher, je trouve que ça devient vraiment dur.

Berthier est le seul endroit où je regagne ma sérénité.

Je n’ai d’autre solution, pour survivre un peu en paix, que de prendre la vérité en face, de m’avouer qu’il y a problème, et, allongé, par physique ou par chimie, tenter de soigner.

A douze ans de trithérapie, rien d'étonnant, sans doute.

Cejourd’hui, comme l'on disait lorsque l'on parlait encore bien, j’ai  vu ma vieille mère diminuée un peu plus. Nous nous comprenons comme Guibert et Suzanne. Elle a furtivement saisi ma main, cherché mon contact. Je ne me souviens pas avoir reçu ça d’elle depuis mon enfance. Comme si elle me disait que nous avançons ensemble. Qu'elle n’était pas inquiète. Et puis à mon tour, je les lui ai serrés, ses doigts noueux.

Dans ma trouille, jeme rassure de cette filiation de destins.

Alors comme c’est l’époque des cadeaux, je vous confie trois voeux que vous rangerez bien, à la date d'aujourd'hui :

           - Depuis quatre ans bientôt,  vous êtes chacun à votre façon un témoin de mon chemin.

          - Si jamais ce chemin devenait  via dolorosa, les hommes en blanc devront savoir que faire et vous êtes chacun individuellement investi pour les rappeler à leurs devoirs et à mes souhaits

            - L’idée de finir en poudre me sied, et j’ai toujours aimé me perdre dans ce beau jardin de pierres et de verdure du XI° arrondissement.

Noël de Merde, tu parles.

Commentaires

Et c'est pour ça qu'on va se faire une Saint-Sylvestre bien gentille :-)

Ecrit par : Morts ou Vifs | 27 décembre 2006

@ MV : qui ça, "on" ?

Ecrit par : phil | 27 décembre 2006

Je suis investi.

Ecrit par : Room deLuxe | 28 décembre 2006

@phil répondant à MV: bah nous

Ecrit par : Dragonfly | 29 décembre 2006

Les commentaires sont fermés.