« 2006-11 | Page d'accueil | 2007-01 »

28 décembre 2006

Dis-moi,

 

C’est quand, le constat de décès d’une histoire. De notre histoire. C’est quand que l’on arrête de se blesser, de se mentir, de se faire souffrir

 

Dis-moi,

C’est quand que l’enterre l’espoir, pour de bon, celui qui nous tient encore, qui nous illusionne, qui nous laisse accroire que nous sommes toujours fait l’un pour l’autre.

 

Je t’aime encore. Tu m’aimes toujours.

Sans pourquoi savoir.

 

Tu n’as plus envie de moi. Tu me l’as dit. Ou je l’ai entendu. Je ne sais plus. Mais tu m’aimes. C’est certain. Notre sexualité est outdoor, et moi, je suis out, tout court. A chaque fois que j’ai tenté un pas vers toi, c’est à tes représentations de mes désirs que je me suis heurté.

 

Toi, c’est toi. C’est tout. Et surtout pas l’idée que tu te fais de mes envies.

 

J’ai toujours du désir pour toi. Le quotidien n’a pas encore tué ça.

 

D’ailleurs j’ai besoin de toi. C’est ça qui tue.

 

Envie-besoin. La confusion des genres.

 

Nous nous sommes tant parlé, hier. Mais que nous sommes-nous dit ? Que nous ne voulions pas ressembler à ces couples de semblants, à défaut de semblables. Que nous nous battrions pour être plus qu’une façade sociale. Mais pourquoi ? Parce que nous aimons toujours notre amour ?

 

Tu as peur d’être seul.

 

Je suis paniqué de te perdre.

 

J’ai besoin d’être seul. Mais tu es toujours là.

 

Je t’aime. Quitte-moi, mais surtout, ne me laisse pas.

 

Un nouveau chapitre. Une nouvelle page. Une nouvelle crise. Dans la douceur. Acceptons de torturer encore un peu notre histoire. De la dépouiller un peu plus de ce tout du début. C’est quoi, ce noyau de nous sur lequel nous tombons, à force de gratter l’écorce ? L’essentiel ? Le résidu ? Le nano-nous ?

 

Oui, j’ai changé. J’ai envie de construire. Dans la durée. J’ai envie de projets, bâtis à deux, et pas par moi tout seul, contre toi. Et qu’importe si le projet ce n’est que quinze jours au soleil : ce sera notre parenthèse, choisie ensemble, construite ensemble. J’ai besoin que tu y consacre chaque mois, vingt, quarante euro pour qu’il devienne l’effort commun. Putain ! Tu comprends ? Que nous passions de deux individualités à un couple. A deux.

 

Je ne devrai pas avoir besoin de te le dire. Je suis colère. Alors, comme je tais ma colère, je la retourne contre moi. Je m’enferme dans la posture du salaud qui me sied à merveille. Et j’explose. En silence. En dedans.

 

Je nous tue.

 

Je ne sais plus si j’ai la force, l’envie d’y croire. Je connais le prochain. Son profil de petite frappe. Vingt-cinq ans à peine. Il dira me trouver beau, plein de prestance, mais c’est le niveau de vie que je lui offrirai qu’il kiffera.  Il faudra que je m’y résolve. Pré-quadra : c’est mon lot.

 

Toi, c’est notre confort que tu aimes. Celui auquel je te permets d’avoir d’accès. C’est toi qui me le dis. Moi, je reçois ça, et j’en fais quoi ? Ce cocon que nous avons tissé, c’est quoi son sens, si c’est pour en jouir, chacun notre tour, après en avoir chassé l’autre ? Et ça, c’est valable pour nous deux.

 

Alors, on fait quoi ?

 

On digère ce tout-dit d’hier et on saute sur les symboles. Une année se meurt, vive la nouvelle ! Ce sera celle de la rupture, qu’on nous promet. Alors rompons ! Rompons avec notre mensonge-du-quotidien-qui-nous-unis et posons les bases d’une nouvelle phase de notre histoire : ce sera peut-être celle qui nous emmènera vers sa fin ou bien celle qui nous fera grandir un peu plus, qui lui donnera plus de sens.

 

Ou bien c’est à qui-perd-gagne et c’est un jeu de cons.

 

On n’a pas le choix, puisque l’amour est là.

 

25 décembre 2006

Panic Xistmas

Si je recherche dans les archives du blog, j’ai du écrire, l’an passé ou celui d’avant, que je me réjouissais des fêtes, pour une fois.

C’est révolu.

Cette année, je le sentais mal, comme on dit.

And the winner is… Moi.

Tout a commencé par le mèl, lapidaire, de Cathy, le 24 à seize heures : « mon père vient de décéder ». Joyeux Noël. Bonne année.

La rémission du cancer a été de courte durée. Balayé en moins de trois semaines, le paternel de ma copine. Une famille à terre.

Ca, c’est fait.

Cathy a eu comme cadeau l’agonie de son père. Original ! on n’y pense jamais assez quand on offre. Pour ma part, j’ai partagé un peu ça avec elle. Je veux dire que je n’ai eu de cesse de l’avoir présente en pensée  tout au long des "réjouissances". Pour ceux qui ne suivent pas, Cathy, c’est une de celles qui compte, et accessoirement aussi une ex. Ou l’inverse, à moins que ce ne soit le contraire. Elle fait partie des quatre ou cinq de la garde rapprochée. Ca me fout les boules de la savoir mal. D’ailleurs ça ne me fout pas que les boules, ça me colle en rogne et j’incendierai bien une église (ou un temple, une synagogue, une mosquée, au choix…)

Mais le spectacle continue. J’ai donc tenté d'assumer le marathon familial. Des marches de Bourgogne en Lyonnais. De famille en famille,de tribu en tribu, d’adolescents pré-pubères en bimbos innocentes, de bellâtres métrosexuels, en gamines qui restent décidément les seuls êtres qui me décochent un vrai tendre sourire. Nous sommes allés d’agapes quasi orgiaques en messes culinaires païennes parfois hasardeuses, toutes odes au consumérisme, sacrifices au conformisme et attentats à la diététique.

Si j'étais objectif : plutôt cool le réveillon, malgré ma tristesse rentrée. Mes bouts de moi ailleurs. Tiens, la famille de Gé m’a adopté. Moi aussi. D’ailleurs Gé est devenu ma famille. C’est bien le souci (remarquez au passage la manière tout à fait dilatoire  utilisée pour éluder le sujet)

Aujourd’hui, jour de Noël, c’était mon tour, ou plutôt, celui des miens. Bravant l’hyper prévisible et donc inéluctable grève des agents de service public (des claques ouais !) de la Société nationale des chemins de fer, nous nous sommes embarqués dans un TER made in Canada (un vrai tire-cul), et avons rejoint Lyon, avec les quatre générations qui m’y attendaient. Ne manquait qu’un cadre pour la moustache du père de ma belle soeur, qui n’est pas mort d’une glissade, mais d’un cancer, lui aussi.

[Phil, arrête !]

Et là, ce fut la cata.

Nouvelle attaque de panique totalement ingérable. Tachycardie, arythmie et tutti quanti. Impossible de garder la distance. Fuir. Pas d’autre solution.

Tout cela prend trop de place, dorénavant. Je ne peux plus faire comme s’il ne se passait rien. Dans ma tête dans mes coronaires ou dans mes artères, il y a un truc qui ne tourne pas rond. Et la coke, cette fois, n’y est pour rien. Je n’ai rien touché depuis longtemps. Non, ce qui ne va pas, c’est ma vie. La manière que j’ai eu de la maltraiter. La facture qu’elle me présente.

A ne rien vous cacher, je trouve que ça devient vraiment dur.

Berthier est le seul endroit où je regagne ma sérénité.

Je n’ai d’autre solution, pour survivre un peu en paix, que de prendre la vérité en face, de m’avouer qu’il y a problème, et, allongé, par physique ou par chimie, tenter de soigner.

A douze ans de trithérapie, rien d'étonnant, sans doute.

Cejourd’hui, comme l'on disait lorsque l'on parlait encore bien, j’ai  vu ma vieille mère diminuée un peu plus. Nous nous comprenons comme Guibert et Suzanne. Elle a furtivement saisi ma main, cherché mon contact. Je ne me souviens pas avoir reçu ça d’elle depuis mon enfance. Comme si elle me disait que nous avançons ensemble. Qu'elle n’était pas inquiète. Et puis à mon tour, je les lui ai serrés, ses doigts noueux.

Dans ma trouille, jeme rassure de cette filiation de destins.

Alors comme c’est l’époque des cadeaux, je vous confie trois voeux que vous rangerez bien, à la date d'aujourd'hui :

           - Depuis quatre ans bientôt,  vous êtes chacun à votre façon un témoin de mon chemin.

          - Si jamais ce chemin devenait  via dolorosa, les hommes en blanc devront savoir que faire et vous êtes chacun individuellement investi pour les rappeler à leurs devoirs et à mes souhaits

            - L’idée de finir en poudre me sied, et j’ai toujours aimé me perdre dans ce beau jardin de pierres et de verdure du XI° arrondissement.

Noël de Merde, tu parles.

15 décembre 2006

Mine de rien


j’ai avancé. Je m’en étonne encore. Je me suis isolé, mais j’ai avancé. Je trace ma route. Il faut que je regarde dorénavant la moitié remplie du verre, et non plus le seul vide, le manque. D’ailleurs, quel manque ? Celui de l’autre est comblé, depuis quatre ans bientôt. Le manque de temps est révolu. Mon sida est mort. Et pas moi. Même si je crains encore un peu les blagues insidieuses (c’est quoi ces troubles de la mémoire, ces attaques de panique, ces crises de tachycardie…). Le manque de vous a fini de m’épuiser. Presque. J’assume mon isolitude volontaire : je serai un homme seul, juste un peu accompagné. Je tiens les amis à distance. Ils ont trop compté. Ils ont trop été moi. Et moi pas assez loin, trop investi, trop brûlé.



J’apprends à avoir un vrai métier. A bientôt quarante ans, je regarde mon CV et y trouve une colonne vertébrale, même si c’est celle de l’action sociale et politique : finalement, j’ai un domaine d’expertise. Les autres.



Je pense que je peux me vendre, et ce n’était pas gagné. Un peu fier. De nouveau. Arrêter de chialer et tenir le cap sur lequel je me suis dirigé, à mon insu mais pour mon bien. Oui, mon bien. Putain de vie tranquille ? Se ranger des bagnoles. Un peu (pas trop). Rester un pied en Dustania, parce que c’est là où je suis né à moi-même, mais (vous) le taire, bande d’avides.



Vous ne m’écrivez plus, je vous raconterai encore.



Je veux te voir, mais plus tard, mais demain. Ou jamais. Je veux te savoir là, prêt à moi, prêt à nous. A l’amitié. A ces éclats de rire autour des bières, à ces nuits à pleurer sur Elles, enfin sur Eux - sauf qu’en version pédale, c’est pathétique. Je veux pouvoir t’appeler, chaque jour, chaque soir. Et je t’ignore. Je ne sais pas qui tu es. Chimère. Un conte. Un frangin, sans doute.



Quand tu de dessines, que tu te dévoiles, que tu te promets, je fuis. Non, pas mercredi, pas demain, pas ce soir, le travail, l’autre, le cul… Je ne m’investirai pas dans nous, dans toi. Je me suis trop trompé, et putain… tu manques.



Tiens, je croyais que j’allais mieux. Quinze lignes et je revois le vide. C’est quoi cette douleur thoracique. Je flippe un max. Vingt fois par jour. La tête qui se perd, la vie qui se noie.



Je me trouve attachant – tiens, ça fait longtemps que je n’avais pas écris aussi bien – Arrimez-moi encore un peu au quai, puisque je vous le dis : je vais bien (il parait) !




09 décembre 2006

Pas perdu mais bien égaré

Les bonnes âmes, bien pensantes, droit-de-l'hommistes, engagées, rengagées et qui ont de la mémoire, ont fait leur choix : il ne variera plus, ça sera Ségo, c'est sur. Le vote Olida : ne pas passer à côté des choses simples, voir simplistes, et tant pis si Mme Royal serre la main d'un député du Hezbollah qui vient de comparer Israël aux Nazis mais refuse de saluer Mme de Panafieu qui avait eu l'heur de prononcer des mots certes taquins mais en rien insultants à l'égard de la baronne du Poitou. Il y a des choses avec lesquelles on transige et d'autres non. Que l'on me pardonne mais j'ai du mal à suivre?

Je me situe dans ce marigot de parigots pas perdus mais bien égarés, qui se situent du côté de la République et, qui étaient prêts il y a quelques jours encore à voter pour elle, pour cette gueule de Marianne au nom de princesse qui synthètise la France éternelle, le pays réel, solidaire, juste et généreux auquel je crois. Sauf que...

Sauf que comme dise les pêcheurs : je crains qu'elle ne fasse pas la maille.

Jour après jour, bourde après bourde, confession après confession (celles de mes potes, au PS et pas trop mal placés), je me dis que non, ça ne va pas être possible. Qu'Edith Cresson aurait fait mieux. Ca craint.

Exit le vote Royal. Pour l'heure.

Sarko présentant un vrai projet de société mais qui n'est en rien celle que je veux, même si je suis marqué à droite depuis 18 ans (!!!), mais que j'ai déjà voté moult fois "ailleurs (sauf au FN et chez de Villiers, bien sûr), je me dis que c'est bien la galère d'avoir 40 candidats putatifs et d'être déjà tenté par l'abstention.

Il y aurait bien Bayrou, mais je ne crois pas à la conversion laïcarde de celui qui fut l'héritier du MRP de grand papa.

Je redoute n'être pas le seul dans ce marasme.

2007 risque d'être pire que 2002. C'est dire.

Finalement, c'est Mitterrand qui avait raison : il a été le dernier.

03 décembre 2006

Tu me vois

tu me vois plus

TU ME VOIS

 TU ME VOIS PLUS

he's back :

LIONEL

Carnets d'un borderliner (part 1)

Rien. Ou si peu. A raconter, je veux dire.

La vie s'écoule. Je suis devenu un banquier. Je maîtrise les concepts : Bâle II, les créances douteuses, le taux de sinistralité, le risque de crédit. Quand MA banque m'appelle, je suis à pied d'égalité, sauf que ce n'est que du discours : les emmerdes, c'est moi qui les traîne. Pour quatre ans encore. L'impression de tirer une peine. Un passé que je n'en fini plus de solder.

Grand retour des fins de moi qui commencent trop tôt. J'ai voulu aller trop vite. Décembre sera long.

J'ai pris de l'aisance, au taf. Me suis imposé. Face à la hiérarchie. A l'égard de mes subordonnés. J'ai envoyé chié cette semaine une assistance qui titre 28 ans de boite : "on ne m'a jamais parlé comme ça" ; "et bien maintenant c'est fait". Emballé c'est pesé, au suivant.

Parenthèse refermée, avec Gé. Notre asexualité conjugale a pris fin. Trois mois. Trois mois où le respect a tué notre désir. Où nous avons partagé le quotidien, le stress de nos tafs, et rien d'autre. Trois mois où nous nous sommes échappés l'un l'autre; nous volant nos week-ends de contraintes familiales en excursions bordéliques.

- Te faire l'amour serait incestueux.

C'est moi qui le lui ai lancé.

Hier, un gramme de coke en plus, nous avons trouvé la force d'en parlé. Du désir qui s'érode. Des contraintes incontournables, de ce que nous partageons. De ce que c'est que NOTRE couple et non pas LE couple. Pas de solutions. Nous savons que nous n'en trouverons pas. Qu'il n'y a pas de formule miracle. Enfin, aucune autre que de partager et de n'être pas dans le non-dit.

Nous avons baisé un peu. Ensuite.

Puis je suis parti en galère.

En  panique. Ailleurs. Dehors.

Quand je suis rentré, il était là.

Et c'est à ce moment que nous nous sommes retrouvés.

Nous étions là. Et c'était bien.

P.S. mon abonnement à hautetfort prend fin le 12 décembre, j'avoue : j'hésite.

Toutes les notes