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28 mars 2007
Je vous dirai
Ce que j'ai vu, en face...
23:05 Publié dans Le blog | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
24 mars 2007
Lorsqu'il a ôté son pull
J’ai ri de ses coutures.
Il a parlé. M’a conté sa vie ou celle à laquelle il avait envie de croire. Il était comme un chaton rafistolé de partout. Strié des stigmates des points de sutures de ses multiples opérations, sa gueule d’ange rendait charmante chaque trace d’une histoire trop lourde, déjà.
Malformation cardiaque congénitale. Quatrième billard en trop peu de temps. Il est beau. Il est masqué. Il sait qu’il va mourir trop tôt. Il vit. Il se donne à moi. A plein. Je prends.
Il est frère.
Je comprends chacun de ses mots. Il n’a pas vingt ans. Il a cent ans.
Quand il a du se relever du lit, il m’a demandé de l’aider, sans pudeur. Il m’a demandé pourquoi il craquait à chaque fois sur des plus vieux que [lui].
P’tit con.
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20 mars 2007
Le droit à l'aigreur,
imprescriptible et universel, je le revendique pour moi. Quand je regarde derrière, c’est la somme de mes échecs et de mes remords, que je relis (relie ?). Quand je vois devant, c’est le cul de sac du sursis que j’aperçois. Courte vue, mensonge et lâchetés ! Comment parviens-je à concilier ces étrangers que je vois évoluer dedans moi ? Pas d’échappatoire autre que la dépression entre mes marionnettes, que ce soit l’ersatz du saint laïc, icône renvoyée par ceux-là qui disent n’en finir pas de me regretter, ou bien le médiocre englué dans un quotidien vulgaire (mais pas autant que le tien), tatoué par les stigmates du manque, ou encore de l’asphyxié de la cité tentant de raison garder malgré une sourde et constante indignation, ou enfin de l’amant qui te voit monter dans ce train de quiétude et qui regrette déjà l’ennui. Dépression encore du frère qui se résigne à ne te considérer que comme un étranger, obligé par devers moi et qui s’étonne de tant d’aveuglement. Dépression toujours, mais celle du fils qui s’apprête à ce que l’on se quitte avec chacun le goût terreux de l’inaccompli.
L’ire me soigne. Lire me soigne. Quand à écrire, mais bon dieu ! Pourquoi n’y arrive-je pas ?
20:15 Publié dans Le blog | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
17 mars 2007
Quitte à s'engager,
Ce sera d’abord un vote politique.
Un vote politique parce que je n’ai pas de mal à me retrouver dans les valeurs qu’il porte, même si j’ai des réserves sur le personne que je trouve par ailleurs trop issu de la démocratie-chrétienne. Je ne crois pas totalement à la sincérité de sa conversion – récente – à un discours assez radical sur les questions de laïcité, mais finalement est-ce que cela est réellement si important dans le cadre d’une candidature qui ne prête pas de doute sur ses fondements sociaux et républicains. Je crois que non. Sur l’Europe, Bayrou le fédéraliste s'en remet au peuple. Cela me va. Et en matière de politique fiscale, de maîtrise de la dépense publique : il est également réaliste. En réumé, c’est un démocrate pur jus, sans doute aucun, et l’UDF n’est pas en capacité de construire un système de gouvernement exclusif des autres forces à la différence de l’UMP et du PS. En matière de question environnementale, le programme de Bayrou est à la fois pragmatique et ambitieux.
L’UDF porte aussi un bilan politique : elle a montré qu’il était possible, notamment en région Rhône-Alpes lors de la précédente mandature régionale, de construire des majorités de projet et non plus d'obéïr à du caporalisme imbécile. A l’instar de la grande coalition en Allemagne, je ne vois pas en quoi ces majorités de projet pouvant notament reposer sur des conférences de consensus ne seraient pas possibles en France, expérimentant ainsi un nouveau mode de gouvernement que je préfère à la démagogie participative (traduire : autogestion par et pour les excités) ou au jacobinisme restauré – même si j’assume quelques tendances sur ce terrain là.Bayrou, avec son pré-carré de députés qui ont résisté au lessivage de 2002 (que j'ai appélé de mes veux) a montré qu’il n’était pas dans une opposition dogmatique, ni partie prenante d'une majorité suiviste même si cette tactique était assurément destinée à servir sa candidature : force est de constater que c’est peut-être en train de marcher. En ne votant pas le budget, en ne votant pas la confiance au Gouvernement Villepin et en franchissant le ligne rouge de la censure, l’UDF, sans signer un pacte d’alliance avec le PS n'a jamais été dans la majorité parlementaire sortante, même si au niveau des exécutifs locaux, elle se situe à droite, c’est certain. De la nécessité de participer à la recomposition d’un paysage politique désuet et d’en prendre le temps : le vote Bayrou le permet.
Un vote politique ensuite parce le suffrage Bayrou sera intelligemment protestataire pour renvoyer dos à dos deux archaïsmes : celui du parti au pouvoir qui s’apprête à remplacer la chiraquie par le sarkoland, et celui de l’opposition socialiste qui me semble tout aussi bonapartiste que le camp d’en face, le réalismeéconomique en moins et la démagogie en plus. En clair, l’affiche de deuxième tour que l’on nous servait, Sarkozy-Royal, c’est un second tour entre populisme et démagogie. Je m’excuse de mon peu d’appétit devant le menu.
Le vote Bayrou sera enfin pour moi un vote stratégique : je ne crois pas dans les chances de Ségolène Royal de battre Nicolas Sarkozy au deuxième tour. Si d'aventure, l’hypothèse d'une confrontation Sarko-Royal devait se réaliser, je voterai certainement pour le premier (et oui !), sans entrain, parce que je crois davantage à ses compétences qu’en celles de la dame de Poitou-Charentes. Encore un vote par défaut, donc, pour me ménager le droit d’avoir un choix de conviction au second tout, le seul vote possible, c'est Bayrou.
De là à espérer un match final Bayrou – Le Pen pour bien renvoyer tout le monde dans ses foyers, il n’y a qu’un pas que je franchis sans vergogne !
17:10 Publié dans Ce que je crois | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
14 mars 2007
Un an,
bientôt, que j'aurai quitté le siège de France Boutique pour la filiale. Au total, un an d'ennui, de deceptions. Un an à m'étonner chaque jour des profondeurs de la mesquinerie, de la médiocrité, de l'incompétence. Un an durant lequel j'ai pourtant passé mon temps à me créer un pré-carré, pour aujourd'hui faire comme eux : le maintenir. Un an durant lequel je me suis battu pour faire vivre un projet généreux que la somme des absurdités que j'ai rencontré mène droit dans le mur. Un an que je me sens collaborateur du vide. Un an que je baigne dans l'ubuesque en dépensant 4 € pour avoir le droit d'en prêter 1.
Et, de me battre pour rester dans ce merdier.
Et de savoir que vous faites pire.
20:35 Publié dans France boutique | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
10 mars 2007
Vos "fascites" ne valent pas mieux que ses "racailles"
Hier, au Rouge. Avec les moins-loin. L'alcool aidant, je socialise. Enfin, presque. Faut pas exagérer non plus. Au comptoir, elles sont trois. Elle, je veux dire les pédales, bien sûr. Elles discutent de la campagne. Comme tous. Elles vont voter Ségo. Sans doute aucun. Pour mémoire, les mêmes la conchiaient lorsqu'elle était rue de Ségur, au Ministère de la famille. Elles parlent de la garde rapprochée de la candidate. D'un gars que j'ai déjà croisé. Comme tout le monde aussi. Au Rouge et pour ma part dans la vraie vie.
"Tu le connais" demande la plus laide aux moins moches.
Les autres lui répondent que non.
Et moi de décliner le pédigree du susdit.
La moche m'interpelle : "et toi t'es son adjoint, c'est ça" ?
Alors, bourré déjà et provoquant, je lui lance : non ma caille, moi, j'suis dans le staff de Sarko. J'suis une tafiole républicaine et conservatrice et fière de l'être...
Que n'avais-je fait !
Un torrent de lieux-communs, de médiocrité et de haine s'est répandu sur moi. Les sans-papier. La politique sécuritaire. Le karsher. Les lois liberticide. Le rétablissement de la peine de mort et le STO. J'exagère à peine.
Alors, fatalement, avant de leur souhaiter une bonne soirée, messieurs, j'ai osé une analyse, en direction de la moche... Selon moi, Ségo est incapable de gagner, outre son manque de charisme et le fait qu'elle a le parti contre elle, c'est que la gauche, comme en 2002, ne fait pas campagne pour gagner, mais contre le camp d'en face.
Le jour ou le parti le plus suffisant d'Europe aura compris ça, que la première des tolérances commence à l'égard de ceux qui divergent de lui, qu'il n'y a pas de camp des bon et celui des méchants, pas plus que celui des vrais salauds et celui des faux-cul, alors, il pourra reproduire le sublime miracle de 1981.
Ce n'est pas pour mai 2007.
Je ne sais pas pour qui je voterai, mais cet échange, une fois encore, me conforte : je ne voterai pas pour la Dame de Melle. Cette Mélusine qui n'a pas les charmes de Marianne, à mes yeux.
L'altercation m'a valu d'être gratifié de fascite. Au final. Bien sûr.
Vos "fascites" ne valent pas mieux que ses "racailles".
Bonne soirée. Messieurs. Drapés dans vos certitudes. Ce qui est excessif ne compte pas.
Vous ne comptez pas.
19:00 Publié dans Ce que je crois | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
L'Intime
Chez elle.
Myriam-docteur.
L'essentiel est là. Elle tient ma vie. Ma confiance. L'essentiel. Le voussoiement,rempart fictif, nous protège. Nous savons pourtant partager le rare. C'est mon toubib. C'est elle. Liés, que nous sommes, par mes douleurs, mes peines, mes trouilles et mes hypocondries. Unis par mes désespoirs.
Merci.
Elle peine à cacher ses larmes, quand elle l'évoque. Et sa colère. Envers eux. Tu sais qui je veux dire.
Putain, ce moment de partage, tout à l'heure.
Myriam-monument.
Ma chance.
02:35 Publié dans Le blog | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
08 mars 2007
Il a quelques jours,
déjà, j'ai reçu une lettre. Je croyais que plus personne ne recevait de courrier. Je veux dire de lettre manuscrite. Et pourtant, j'ai reçu une lettre. L'enveloppe portait mon nom, mon adresse, d'un écriture encore alerte et pourtant marquée par les ans.
Une soeur de mon père m'a écrit.
Jamais nous ne nous voyons. Ou si peu. Un baptème. Un mariage. Une mise en terre, demain. Elle m'a écrit pour me dire son chemin de deuil. Elle m'a écrit pour me dire sa solitude, noyée au milieu des nouvelles de la tribu.
De cette lettre je retiens le goût sepia d'un temps révolu et que je n'ai sans doute jamais connu à force de l'avoir subi.
Je lui ai répondu l'attendre.
Et pourquoi non ?
Ma mère, à qui j'ai relaté l'évènement, a réprimé sa surprise.
J'avais oublié le goût des lettres. J'avais oublié les amers familiaux.
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