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26 juin 2007
La distance nécéssaire
reste dure à jauger. Gé est pourtant en plein dans un cyclone dont j'entends demeurer à la périphérie. Car c'est là mon seul choix possible. Je vois l’angoisse, la crainte, la terreur, soudainement, brutalement, saper les bases de celui qui partage ma vie, de celui que j’aime, à la manière dont les vagues des grandes marées fragilisent inéluctablement les prétentieuses et fragiles falaises du pays de Caux. Vagues ô combien dérisoires, pourtant. C’est un regard à peine saisi mais déjà absent. Une main qui serre la mienne plus que d’habitude. C’est rien et pourtant, c'est essentiel. Une faillibilité absolue et résignée qui se dévoile. Une nudité sans impudeur que j'aperçois au prix accordé à un banal moment de sérénité, à Berthier. Ensemble.
C’est là tout ce que moi, l’Autre de cette histoire, le lointain-mais-pas-trop, du drame qui se joue, peut saisir.
Parce que c’est lui, parce que c’est moi. Comme c’était déjà si bien dit. Si loin.
Loin. Il le faut. C’est ça. Eloigné, indispensable et amoureux. Celui qui créé la « préservérance », bulle de constance, rempart contre la fatalité. A ma façon. Finalement, j’ai fini par comprendre. Des années après.
Et si les deuils avaient été nécessaires ?
Désemparé, quand même un peu, que je reste là, à te voir regarder le mythe –auquel tu n’essayais pas même de croire - s’effondrer, en moins de temps qu’une demi-lune. Dépouillé de t’observer mettre en œuvre la seule option qu'il te reste : absorber tout d’un coup, son déni, sa colère, l'injustice qu'il ressent, ses agressions envers vous. Et dans le miroir sa maladie, ta maladie, notre maladie. Putain, quelle violence, quand même.
Un mois déjà.
Solide, tu l’étais déjà, mais là, tu palpes ce que c’est que d’être homme nu, d’un coup d’un seul : impuissant, tout court. Tout connement.
Notre jeunesse est morte.
Apprendre à perdre. Avec dignité. Avec tendresse. Moi, je vois et je te vois. Et j’apprends l’amour que je te porte. J’ai aussi mal. Parce que c’est toi.
Etre là sans être là : c’est mon rôle.
Etre là sans être las, c’est le tien.
Courage, mon double, mon frère, mon cœur.
16:10 Publié dans Le blog | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note

Commentaires
Embrasse-le fort pour nous...
Ecrit par : poly | 26 juin 2007
Jolis mots d'amour, il semble.
Ecrit par : buel-in-love | 27 juin 2007
Malpolie je ne sais pas, touchée au coeur j'en suis sûre.
Très tendre, toujours.
xxxxxxxxxxxlovec.
Ecrit par : cee | 27 juin 2007
"Courage, mon double, mon frère, mon cœur."
Oui
Ecrit par : Eric | 29 juin 2007
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