« Violence des échanges en bureaux climatisés | Page d'accueil | Le Dragon Céleste »

19 juillet 2007

Des femmes, des hommes et du blog

J'ai reçu ce courriel relatif à un de mes commentaires, en réponse à un des votres, sur un récent billet où je me réjouissait béatement de la mise à l'écart de ma cheffe  ! Dans mon propos je me vexais un peu (un tout petit peu) de ce qu'on relève de la "délation" dans ce billet alors qu'il n'était que la transcription de ce qui venait de se passer (Phil, cache ta joie !)

On m'écrit, donc :

" Bonjour,

je ne vois guère en quoi le terme de "délation" vous choque, c'est la définition la plus exacte de ce que vous décrivez dans ce billet.  "De passage", "l'émotion vous étreint"... Je préfère passer sur votre mépris. Détrompez-vous en tout cas, je suis votre blog (très instructif par ailleurs) de très près via deux flux RSS (si cela vous dit quelque chose) depuis un certain temps déjà, ce dans le cadre d'un doctorat européen sur la place de la femme dans l'administration française. Sachez que rien n'est privé sur Internet.
Cordialement,
E."
Et comme mon interlocutrice me le dit si bien, rien n'est privé sur Internet : dont acte, je lui réponds donc publiquement :
Chère E.

"Délation" : oui ce mot me choque ! La délation, à mon sens, c'est nommément désigner quelqu'un aux fins qu'il soit réprimé. En France, ce mot de délation à une résonance certaine, sans doute différente de celle admise dans les pays anglo-saxons où la délation est parfois récompensée par des primes. (Je redouyte d'ailleurs que le candidat que j'ai choisi ne finisse par opter pour ce système si ce n'est pas déjà le cas !)

E. , je vous invite à la rencontre, au dialogue, en virtuel ou en 3 D. Je vous délivrerai alors mon  vécu et mon ressenti sur la place de la femme dans l'administration française, et ce en tant qu'homme ayant pratiqué cette même administration, et ce dans une certaine connaissance de cause puisque mes deux derniers patrons, étaient des patronnes lesquelles m'ont managé, gouverné, piloté, et même intelectuellement enrichi ! C'est dire !

Je suis d'ailleurs prêt à vous mettre en situation de rencontrer des décideuses qui s'exprimeront en leur qualité et des subalternes maltraitées par leurs cadres de tout sexe, mais bien souvent des mâles dont l'intelligence ne dépasse que rarement l'ampleur de leurs frustrations.

Le harcèlement par le stress et l'incompétence dont toute mon équipe vient de souffrir n'était en rien lié, je vous le répète, au fait que ma supérieure était une femme. Je considère tout simplement que le principe de Peter s'est une nouvelle fois exprimé : appelons-le pour le coup le principe de Pierrette. Je vous donne une information : ma supérieure ne sera remplacée ni par un homme, ni par une femme, et encore moins par moi... Le poste est supprimé (et c'est une bonne chose en matière d'organisation). Le niveau hiérarchique au dessus, tenu par un mâle pas dominant du tout ne  me semble guère plus prometteur : j'ai déjà alerté les syndicats sur la misogynie de celui-ci...

Alors oui, vous m'avez vexé parce que vous le connaissez rien du fond de l'affaire et que vous ne pouvez pas considérer que les quelques bribes de ce blog sont révélatrices de ce que je pense d'un enjeu aussi important que celui de la place de la femme non seulement dans l'administration mais aussi dans la société française !

Pour l'équipe qui me concerne, sur 8 employés actuellement, je suis le seul garçon, je privilégierai donc effectivement le recrutement d'un homme à celui d'une femme, : c'est à mon sens une question d'équilibre dans les rapport humains, et mes collègues partagent cette analyse.

Votre soupçon de sexisme est injuste et trop court. Ma réponse teintée de colère que vous avez reçu comme du mépris vous a invité à l'échange : je m'en réjouis.

Permettez-moi, toutefois, chère E. de vous inviter à un peu plus de rigueur ! Et puisque mon blog vous sert de matériau scientifique, j'en suis honoré. Mais que vous déduisiez que quelques billets épars traduisent en creux le résumé de mon appréciation de la place de la femme dans la société française, pour le coup, serait une "tronquerie".

Mon blog est avant tout un exercice de style, le "relaté"  de mon quotidien pour les lecteurs et pour moi. Si je devais faire un billet sur le sujet de la place femme... Tien d'ailleurs il est fait ! Merci à vous ! 

Mon blog existe depuis plus de trois ans. J'y ai parfois dénoncé certains comportements de la communauté gay : me considérez-vous alors comme homophobe alors que je suis une pédale dure ? J'ai aussi exprimé des réserves sur la politique coloniale d'Israël : traitez-moi donc de Nazi, j'ai acquit une certaine habitude !

Vous êtes doctorante : ce statut requiert à mon sens de la la distance à l'égard du sujet de son étude. Mais en disant cela, ne lisez pas, une nouvelle fois, du mépris, de la misogynie ou de l'irrespect.

Etre femme n'exonère de rien. Je veux aux femmes tous les droits, y compris celui de se tromper et de pouvoir se faire remettre à sa place, même vertement , et ce au nom de la plus parfaite égalité. Y compris le droit de pouvoir se faire virer pour incompétence. Y compris celui de pouvoir être battue à l'élection présidentielle, parce qu'on n'était pas la meilleure candidate.

La République est à ce prix.

Et Olympe de Gouges n'aurait pas, sans doute aucun, partagé un autre avis.

Mes respects, chère E.

Commentaires

bien dit!!!

Ecrit par : lunatix | 19 juillet 2007

[Don't, don't, DON'T feed the troll !]

Ecrit par : poly | 19 juillet 2007

What panache !
Déterrons Olympe !...

Ecrit par : Willywalt | 20 juillet 2007

Mé kess ki se passe ici ? On a l'impression de tomber au milieu d'un match de boxe.

ça fait un peu "c'est lui qu'à commencé !"

Ecrit par : nicolas | 20 juillet 2007

bravo , un seul mot bravo , c'est toujours un plaisir de lire tes posts et surtout tes réponses superbement argumenté!!!

Ecrit par : le paimpolais | 21 juillet 2007

Les commentaires sont fermés.