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05 août 2007
Quatre paires de mains
C'est le souvenir qui restera à jamais gravé dans ma mémoire de cette semaine, au rang des plus éprouvantes de ma vie.
Racines. A la suite de nôtre séjour altiligérien, aux sources de moi, nous devions rejoindre les terres de la famille de mon mari, pour un épisode de re-lien en période compliquée puisque, implacable, le diagnostic était tombé quelques semaines avant, pas même, que dis-je ! quelques jours avant : père et mère de mon aimé étaient en stade avancé de cancers divers et variés.
Elliptiques, les homme en blanc nous laissaient pourtant l'horizon d'une année, de vie, de combats, de peines et d'espoir.
Le coeur gros et les yeux pleins d'amour, lundi, nous nous sommes donc tous rendus au chevet de ma belle-mère (oui, ma belle-mère, je ne vois pas comment la désigner autrement) : son époux, poussé en chaise roulante par mon mari, sa fille et son gendre, et moi. Une bouteille de Mâcon blanc bien frais passée en fraude pour "fêter" les retrouvailles, et nous promettre de nous revoir en d'autres circonstances très vite.
Bien sur qu'elle était faible. Mais bien sur qu'elle était heureuse de nous voir tous unis autour d'elle.
Mercredi, à potron-minet, le téléphone nous a tiré du lit, il fallait venir, sans autre explications aucune.
Nous avons à peine pu recueillir son dernier souffle. Je crois qu'elle a attendu ses enfants. Elle est parti.
Et la douleur. Celle qui cisaille celui que j'aime. Celle qui me laisse impuissant, les bras ballants, comme un con, dans cette chambre, devant cette scène éternellement rejouée mais qui l'atteint, et qui me touche.
Elle est morte.
Mon mec, mon amour, mon homme a perdu sa mère sous mes yeux.
Jamais je n'aurai voulu être là. J'y étais.
Le golgotha qui s'ensuivit leur appartient. Nous appartient car, en partant, B. a scellé mon entrée dans cette famille. Les jours qui suivirent furent atroces et aussi plein de beaux moments.
C'es dur d'être là, un peu plus loin, mais dedans. Quand même. Malgré qui'il faudrait peut-être demeurer hors du cercle.
Quatre paires de mains, chère B. C'est ce souvenir que je garderai de ta brusque quitterie ! Celles de ta fille, décorant les tiennes pour que tu partes belle. Celle de Gé, arrachant la crasse de celles de ton mari, impotent, pour t'accompagner vers le Grand Néant.
Quatre paires de mains et mes yeux mouillants, parce que, petit bout de bonne femme croisé depuis quatre ans, tu étais au rang des miens.
Je t'aimais bien, B. et tu me manques déjà. Les semaines à venir s'annoncent rudes. Je serai là. Pour lui. Pour toi.
Merci.
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