16 août 2008

En mode veille

depuis une semaine. En fait : depuis ce rendez-vous du 9 août, où j'ai "osé" me confronter à ceux que j'aime : seront-ils là ? Viendront-ils ? Je suis acoutumé de ces défis-à-la-con : "prouve-moi que tu m'aimes, en faisant précisément ce que j'attends de toi que tu fasses, mais sans que je ne le te demande".

En langage courant, ça s'appelle un sale con.

En amitié, on dit "sale gosse".

Anyway..., vous êtes venus petite brochette de fidèles (pas besoin d'avoir des lustres de brevet d'amitié pour se sentir fidèle à l'autre)  de non-partis (en vacances ou de ma vie). Outre que j'ai goûté ce moment un peu marshmallow, ça m'a pausé. Je veux dire, ça m'a permis de me mettre en mode "économie d'énergies" La nouvelle "moins-loin" m'a dit au détour d'un coup de fil qu'il lui paraissait qu'entre la vie et la mort, pour moi, il n'y avait rien. Pas de choix possible. Il y a de ça. C'est up ou down. Alors pour une fois, c'est en mode pose  pause. J'dis pas que j'y arrive. Je tente de demeurer un peu spectateur, un peu moins victime (consentante ?). De moi, of course.

N'empêche qu'elle était nécessaire cette soirée. Il y avait comme un goût de vétérance. Nous n'étions que ceux d'avant. Ceux d'après, je ne parviens pas à les comprendre (Autre "dit" de la Dame). D'où le crash d'avec le tout petit clan. Entre autres mesquineries. Comme l'incommunicabilité, et l'égotisme, mais passons ! {Avec les semaines qui passent, les yeux s'ouvrent, la douleur de l'abandon s'est estompée, subsiste la "blessure narcissique - tu connais, hein ! Et puis les confirmations : de ce que je ne suis pas une "victime" isolée de ce traitement par "ces gens là" et  que des relations fraternelles n'ont pas forcément besoin d'être travesties avec un tablier pour trouver tout leur sens - mais je reviendrai encore sur ce sujet dire ce que je n'ai pas pu... Et tant pis !}. On a donc reformé le cercle. Sans s'apitoyer nous sommes convenus de voir des cicatrices de nos passés (passé tout court, et passées vies - conguer avec amour !). Devant ? Des envies d'apaisement. Ca serait bien.

Je réalise que c'est à mon âge, trente neuf ans, que mes parents m'ont eu. Quatorze et quinze ans après les deux premiers. pas franchement désiré, mais le souci n'est pas là : c'est que jusqu'il y a peu, je leur en ait terriblement voulu. De l'ennui. D'être un "fils de vieux" (le premier qui me traite de vieux se fait blackboolé sur Facebook ! Faut faire gaffe, menace sérieuse : tu perds un contact, t'en perds 5... Et après t'es tricard au Cox et on se glause de ceux qui te cottoient encore ! Mais on a 40 ans... j'oubliais ! Une pleine crise d'ado). Et là, je comprends. Je comprends qu'après 25 automnes de turbin, t'as pas forcément la tête à fabriquer un jeunesse joyce à ton gniard que t'as pas voulu mais que t'aime. Point barre.

La faute à personne.

J'ai la chance que papa et maman (ça fait con, hein ?) soient encore relativement debouts, même si leur échine se courbe de plus en plus. A ce propos, ils seront là lundi : sans doute leur dernière opération TGV commando : départ aux aurores d'Auvergne, déjeuner avec nous à Paname, et retour à la maison avant 21 heures. Je ne les changerai pas. Je les attends. Ils sont enfin les bienvenus dans ma vie. Et je crois qu'après les avoir secoués, je suis un peu leur repos, plus que mes frères, sans doute parce que sens moi aussi cette faiblesse sourde et lancinante, quotidienne. Pas de douleur. Juste le poids d'un background. Ca me fait penser à Guibert parlant de Suzanne. Et puis aussi que nous partageons la résignation. Celle de notre exceptionnelle asociabilité. Celle d'être les fils d'un Clan, un vrai.

Voilà, c'est comme ça quand je suis en pause. Je deviens arboricole et indigène de mon histoire, chaque jour j'explore, je dépouille les frondaisons généalogiques que j'ai ramassées au fil des années. Parce que c'est rassurant. C'est de là que je viens, et que je ne sais pas vraiment où je vais, ni même si j'en ai envie. Seule certitude : ouvrir un peu les portes, desserrer l'étau, et vous voir.

 

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