19 août 2008

Pour mémoire,

j'écris ce post. Comme pour enchâsser l'instant, les heures, ces dernières heures.

 18 Août 2008. Il ne s'est rien passé.

Pourtant si.

J'ai compris.

Que c'était posé là, devant moi, depuis 10 ans et je n'avais qu'à me pencher pour ramasser,

                                        brindilles de moi.

Ces dix dernières années, j'ai dit... Conséquence(s) des huit d'avant...

Et pour comprendre là, ce soir,

                                        connement.

Je ne vivrai pas sans repères.

Le chaos m'appelle mais le désordre me violente, trop.

C'est rien : une demi-heure à peine, pas plus, qui m'a fait toucher mille certitudes.

Mes vieux sont venus à Paris. Pour la première fois depuis 4 ans. Avec Gé, nous avions décidé d'épouser leur rythme, de ne les contraindre à rien, de nous dépouiller de notre ethnogotisme qui fait que fatalement, si la famille "monte", c'est pour une opération kamikaze.  Alors Ils sont donc venus. Nous avons déjeuner à l'appart', et c'est le moment d'après, cet instant où chacun s'est posé, parce que fatigué, dans un silence absolu, c'est cet instant que j'ai eu envie de sertir : la Vieille s'était allongée sur le canapé, vampée par un miron, et le Vieux squattait notre lit, aussi accompagné par un greffier.

Gé s'est tenu à la distance qu'il fallait pour que tout à la fois je vive, je voie et que peut-être je finisse par regarder : cette pause de nous. Nous qui posions presque, pour l'objectif de notre mémoire.

J'ai su que j'avais encore besoin d'eux. De les accompagner. Plus loin. Que nous devions écraser les années d'anarchie virale et d'affection terrorisée (terroriste), pour atteindre enfin cette tendresse folle, filiale, finale. Remercier ce virus, car sans lui, nous n'aurions pas su nous trouver à ce point?

Tout à l'heure, j'ai compris ce que c'était que d'être leur fils. Et je mesure la chance inouïe d'être né là, avec eux, parce que si hier leurs valeurs me sont apparues désuètes et rustiques, voires parfois rustres, j'aime aujourd'hui voir comment elles se sont assouplies (assoupies ?) avec le temps, la vieillesse.

Merci mes vieux.

Merci mon père d'avoir interpellé, l'oeil rieur, "mon homme" ! Merci, ma mère, de n'avoir pas dissumulé ton émotion, et le plaisir partagé que nous avions fais, tous deux, le choix de provoquer.

Merci, Gé, d'avoir su être juste là où il fallait : j'ai beaucoup appris, aussi, sur nous.

Merci laux deux filles (il en faut),  parce que ce 18 août s'est greffé sur un autre après-midi, au bois de Vincennes, où nous avons sans doute enfoncé dix portes ouvertes, mais oùles choses qui se sont dites me sont parues aujourd'hui tellement brutes, empreintes d'une sincérité sans fars, que je me suis senti moins fragile.

Je sais bien que ces "révélations" ne feront pas de moi un luron. Je vais essayer d'inventer des gris, qui me permettront d'éviter les contrastes trop violents de ma cyclothymie. Sans effort, je vois des repères nouveaux apparaître et  les anciens resurgir. Mis bout à bout, ça semble ressembler à quelque chose qui pourrait m'être familier : une tendre résignation.

Ma jeunesse n'a pas été drôle, la force de l'âge ne devra pas avoir la prétention d'être autre chose que sereine.

Commentaires

Émouvant tout ça. Et si le bonheur te devenait enfin du domaine du possible? Le seul, le vrai : l'intérieur?

Ecrit par : Catherine | 19 août 2008

.... ah ces anniversaires, ces chiffres faussement ronds, ces interrogations cruelles, et le bonheur là où l'on ne le soupçonnait pas. Plein de bonnes choses pour la décennies à venir.

Ecrit par : La Dramaqueen | 21 août 2008

Serti, ce moment l'est, c'est un joyau. Et sa monture, ton écriture, en est digne. Elle est d'or pur.

Ecrit par : ouam-chotte | 22 août 2008

Je suis ému par tant de grâce dans la profondeur

Ecrit par : Henri-Pierre | 17 septembre 2008

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