26 août 2008
Jusque là
j'ai toujours douté de moi. Je veux dire de ma faculté à plaire. Physiquement. C'est sans doute pour cela que la plupart du temps, je me suis maqué avec des bombasses à mon exact opposé : genre musculeux, poilu, viril (sur la base d'un référentiel gay : pas la peine de vous marrer, les copines ! J'en connais une - au moins - qui est mdr !). Bref : j'me tapais des beaux qui se tapaient un moche, en l'occurence : moi. C'était ma représentation, donc c'était vrai !
En même temps j'affichais un ego de connasse lobotomisée, genre celles qui fréquentent le Rouge en étant certaines que frayer avec des travailleurs sociaux, ça craint, et qu'il vaut mieux cotoyer des "vraies pédales" : CSP +, été à Ibiza, hiver à Courche... Tout en finançant mes bières par Sofinco et en chialant quand aucun des 85 numéros présent dans mon répertoire ne m'appelaient le samedi. Les vrais amis restaient fidèles mais je ne voulais pas les voir, - moins fun - : ce que je voulais, c'est de la tafiole, de la courge, de la paillette et de la paille... tout court.
Et depuis que je vieillis - ben depuis toujours, patate ! - , que les pattes d'oie sont bien là, je m'entends susurrer (le temps d'une fornication sous des lumières rougeâtres et opaques, certes !), et souvent par des canons de tafioland, qu'ils aimeraient bien être comme moi... à mon âge ! (et mon genou dans tes couilles t'y a pensé, CONNASSE ! )... Mais au final, je trouve quand même que c'est une putain de revanche, qu'un quadra qui va afficher -à la fin du quinquénat de Sarko- ses vingt ans d'infection à VIH fasse encore kiffer du jeunot. Ego trip ! Mais pour le coup justifié.
Elle vous enterrera, la vieille.
La Vieille. (Laquelle se barre au Soleil dimanche et se marre bien de vos gueules de ravis de la crêche, avec la marque du maillot - là - et de votre mine de dogue because faut rattaquer : gniark !)
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24 août 2008
Pour (sa) mémoire,
"clic"... Un p'tit bruit, comme une brindille que l'on brise en deux.
C'est l'impression que cela m'a fait.
Puis un blanc.
Ou plutôt un (petit trou) noir.
Ni ma mère, ni moi n'avons prêté attention à ces (ses) absences. Celles de mon père. Bien sûr nous jouions aux cartes. Bien sûr mon père ne s'est, à aucune partie, souvenu de la couleur d'atoût, alors que nous faisons une "coinche"... Une sorte de belote bridgée d'origine stéphanoise. A mon retour, Gé m'a fait remarquer que le Paternel était souvent "ailleurs". Pas plus que d'habitude...
Puis, hier, lors du traditionnel coup de fil du vendredi, ma mère - rigolarde - me dit que le Vieux ne savait plus où il était venu, lundi... Lyon ? Marseille, Genève ?
Et là, le "clic"...
Le mot qui s'impose : Alzheimer. Pour l'instant juste une crainte. Mais je borde. La Mère et mon Frère sont alertés de mes craintes. Et quand je parlais d'accompagnement : il s'impose d'ores et déjà. Etre en veille. Savoir. Et être là... Parce que c'est nous.
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19 août 2008
Pour mémoire,
j'écris ce post. Comme pour enchâsser l'instant, les heures, ces dernières heures.
18 Août 2008. Il ne s'est rien passé.
Pourtant si.
J'ai compris.
Que c'était posé là, devant moi, depuis 10 ans et je n'avais qu'à me pencher pour ramasser,
brindilles de moi.
Ces dix dernières années, j'ai dit... Conséquence(s) des huit d'avant...
Et pour comprendre là, ce soir,
connement.
Je ne vivrai pas sans repères.
Le chaos m'appelle mais le désordre me violente, trop.
C'est rien : une demi-heure à peine, pas plus, qui m'a fait toucher mille certitudes.
Mes vieux sont venus à Paris. Pour la première fois depuis 4 ans. Avec Gé, nous avions décidé d'épouser leur rythme, de ne les contraindre à rien, de nous dépouiller de notre ethnogotisme qui fait que fatalement, si la famille "monte", c'est pour une opération kamikaze. Alors Ils sont donc venus. Nous avons déjeuner à l'appart', et c'est le moment d'après, cet instant où chacun s'est posé, parce que fatigué, dans un silence absolu, c'est cet instant que j'ai eu envie de sertir : la Vieille s'était allongée sur le canapé, vampée par un miron, et le Vieux squattait notre lit, aussi accompagné par un greffier.
Gé s'est tenu à la distance qu'il fallait pour que tout à la fois je vive, je voie et que peut-être je finisse par regarder : cette pause de nous. Nous qui posions presque, pour l'objectif de notre mémoire.
J'ai su que j'avais encore besoin d'eux. De les accompagner. Plus loin. Que nous devions écraser les années d'anarchie virale et d'affection terrorisée (terroriste), pour atteindre enfin cette tendresse folle, filiale, finale. Remercier ce virus, car sans lui, nous n'aurions pas su nous trouver à ce point?
Tout à l'heure, j'ai compris ce que c'était que d'être leur fils. Et je mesure la chance inouïe d'être né là, avec eux, parce que si hier leurs valeurs me sont apparues désuètes et rustiques, voires parfois rustres, j'aime aujourd'hui voir comment elles se sont assouplies (assoupies ?) avec le temps, la vieillesse.
Merci mes vieux.
Merci mon père d'avoir interpellé, l'oeil rieur, "mon homme" ! Merci, ma mère, de n'avoir pas dissumulé ton émotion, et le plaisir partagé que nous avions fais, tous deux, le choix de provoquer.
Merci, Gé, d'avoir su être juste là où il fallait : j'ai beaucoup appris, aussi, sur nous.
Merci laux deux filles (il en faut), parce que ce 18 août s'est greffé sur un autre après-midi, au bois de Vincennes, où nous avons sans doute enfoncé dix portes ouvertes, mais oùles choses qui se sont dites me sont parues aujourd'hui tellement brutes, empreintes d'une sincérité sans fars, que je me suis senti moins fragile.
Je sais bien que ces "révélations" ne feront pas de moi un luron. Je vais essayer d'inventer des gris, qui me permettront d'éviter les contrastes trop violents de ma cyclothymie. Sans effort, je vois des repères nouveaux apparaître et les anciens resurgir. Mis bout à bout, ça semble ressembler à quelque chose qui pourrait m'être familier : une tendre résignation.
Ma jeunesse n'a pas été drôle, la force de l'âge ne devra pas avoir la prétention d'être autre chose que sereine.
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16 août 2008
En mode veille
depuis une semaine. En fait : depuis ce rendez-vous du 9 août, où j'ai "osé" me confronter à ceux que j'aime : seront-ils là ? Viendront-ils ? Je suis acoutumé de ces défis-à-la-con : "prouve-moi que tu m'aimes, en faisant précisément ce que j'attends de toi que tu fasses, mais sans que je ne le te demande".
En langage courant, ça s'appelle un sale con.
En amitié, on dit "sale gosse".
Anyway..., vous êtes venus petite brochette de fidèles (pas besoin d'avoir des lustres de brevet d'amitié pour se sentir fidèle à l'autre) de non-partis (en vacances ou de ma vie). Outre que j'ai goûté ce moment un peu marshmallow, ça m'a pausé. Je veux dire, ça m'a permis de me mettre en mode "économie d'énergies" La nouvelle "moins-loin" m'a dit au détour d'un coup de fil qu'il lui paraissait qu'entre la vie et la mort, pour moi, il n'y avait rien. Pas de choix possible. Il y a de ça. C'est up ou down. Alors pour une fois, c'est en mode pose pause. J'dis pas que j'y arrive. Je tente de demeurer un peu spectateur, un peu moins victime (consentante ?). De moi, of course.
N'empêche qu'elle était nécessaire cette soirée. Il y avait comme un goût de vétérance. Nous n'étions que ceux d'avant. Ceux d'après, je ne parviens pas à les comprendre (Autre "dit" de la Dame). D'où le crash d'avec le tout petit clan. Entre autres mesquineries. Comme l'incommunicabilité, et l'égotisme, mais passons ! {Avec les semaines qui passent, les yeux s'ouvrent, la douleur de l'abandon s'est estompée, subsiste la "blessure narcissique - tu connais, hein ! Et puis les confirmations : de ce que je ne suis pas une "victime" isolée de ce traitement par "ces gens là" et que des relations fraternelles n'ont pas forcément besoin d'être travesties avec un tablier pour trouver tout leur sens - mais je reviendrai encore sur ce sujet dire ce que je n'ai pas pu... Et tant pis !}. On a donc reformé le cercle. Sans s'apitoyer nous sommes convenus de voir des cicatrices de nos passés (passé tout court, et passées vies - conguer avec amour !). Devant ? Des envies d'apaisement. Ca serait bien.
Je réalise que c'est à mon âge, trente neuf ans, que mes parents m'ont eu. Quatorze et quinze ans après les deux premiers. pas franchement désiré, mais le souci n'est pas là : c'est que jusqu'il y a peu, je leur en ait terriblement voulu. De l'ennui. D'être un "fils de vieux" (le premier qui me traite de vieux se fait blackboolé sur Facebook ! Faut faire gaffe, menace sérieuse : tu perds un contact, t'en perds 5... Et après t'es tricard au Cox et on se glause de ceux qui te cottoient encore ! Mais on a 40 ans... j'oubliais ! Une pleine crise d'ado). Et là, je comprends. Je comprends qu'après 25 automnes de turbin, t'as pas forcément la tête à fabriquer un jeunesse joyce à ton gniard que t'as pas voulu mais que t'aime. Point barre.
La faute à personne.
J'ai la chance que papa et maman (ça fait con, hein ?) soient encore relativement debouts, même si leur échine se courbe de plus en plus. A ce propos, ils seront là lundi : sans doute leur dernière opération TGV commando : départ aux aurores d'Auvergne, déjeuner avec nous à Paname, et retour à la maison avant 21 heures. Je ne les changerai pas. Je les attends. Ils sont enfin les bienvenus dans ma vie. Et je crois qu'après les avoir secoués, je suis un peu leur repos, plus que mes frères, sans doute parce que sens moi aussi cette faiblesse sourde et lancinante, quotidienne. Pas de douleur. Juste le poids d'un background. Ca me fait penser à Guibert parlant de Suzanne. Et puis aussi que nous partageons la résignation. Celle de notre exceptionnelle asociabilité. Celle d'être les fils d'un Clan, un vrai.
Voilà, c'est comme ça quand je suis en pause. Je deviens arboricole et indigène de mon histoire, chaque jour j'explore, je dépouille les frondaisons généalogiques que j'ai ramassées au fil des années. Parce que c'est rassurant. C'est de là que je viens, et que je ne sais pas vraiment où je vais, ni même si j'en ai envie. Seule certitude : ouvrir un peu les portes, desserrer l'étau, et vous voir.
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06 août 2008
C'était donc un petit coup de pouce
et qui ne disait pas son nom, qu'il me fallait recevoir. Les riens de ce week-end (les petits rien de tendre, et les grands riens de vide) ont rééquilibré (temporairement) mon humeur : mais je renonce de faire plus longtemps de mon blog le divan que je me refusais de rejoindre. En attendant septembre, pourtant, il faudra bien.
Mais ouf, l'angoisse est ailleurs. Et moi de retour.
03 août 2008
Les pétales de tendresse
que j'ai cueillies, ce week-end, me sont précieuses.
Celles de mon mec, d'abord, qui semble avoir retrouvé mon numéro de téléphone et qui chaque jour depuis son départ m'a parlé. Le ton de sa voix était presqu'enjoué. Sa soeur a du prendre soin de lui, au risque qu'elle aie cafté sur mon appel du début de semaine, qu'importe.
Celles que m'a offert J. Un "frangin" avec qui j'ai déjeuner ce samedi et qui a su me réconcilier avec un moitié de l'humanité : celle qui s'intéresse aux autres, celle qui écoute, celle qui s'interroge. Il m'a fait gravir quelques marches, quelques degrés. Il m'a permis de poser un autre regard sur ce qui m'entoure, sur ceux qui m'entouraient. Je redoutais de lui confesser le divorce d'avec le Clan. Il s'est gentiment employé à ce que je livre non pas une version de la gabegie, mais l'absence de liens, et sans s'intéresser ni aux causes ni aux effets, il m'a dit des mots, essentiels, qui avec ceux que j'ai recueillis de S. me permettent de panser. De penser. De déculpabiliser, aussi, un peu.
Je n'ai que peu dormi. Mon sommeil est agité, ces temps-ci, si je ne me shoote pas. sans compter que la libido reprend un peu le dessus, faisant de mes nuits des hybrides entre songes bizarroïdes et débords de testostérone. Ne rentrerai pas dans les détalis, pas trop sordides, des rencontres du week-end, mais j'en retiendrai que je sais rester sociable de prime abord, que je parviens enfin, quitte à ce que ce soit pour un prétexte sexuel, à échanger a minima, avec l'autre.
Cette fin de dimanche, toutefois, une angoisse est montée. Je me suis allongé, bientôt rejoint par deux de mes chats. Le mâle s'est blotti sur mon épaule, la femelle s'est allongée de tout son long sur mes abdos. A eux deux, ils ont semblé prendre une part de cette angoisse. Ma respiration s'est apaisée, et la barrière des espèces s'est un peu craquelée. Je n'en parle que peu, mais eux aussi sont importants.
Puis, je suis redevnu arboricole, j'ai siégé quelques heures sur Hérédis, à saisir quelques branches maîtresses de ma généalogie, retrouvées sur le site des archives de Saône et Loire. Ces dépouillements fastidieux sont autistiques et/ou obsessionnels. Ils me vident du dedans. J'échappe quelques heures à elles, ces angoisses, celles là qui font que dès la rentrée, je retrouverai un divan. Question de survie.
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01 août 2008
Un nouveau rendez-vous
avec ma solitude, ma meilleure amie. Trois jours sans Lui. Au chevet du Géniteur. Ma bouteille et moi. Un cigare au bec. Connecté à vous. Artifice. Artefact ? A l'occasion je me prends quelques bites, as usual. Sans besoin. Sans envie. Pour meubler le temps. Je ne suis pas certain de répondre au bout du fil. Je ne me réponds déjà plus. Mes absences. Mes trouilles. C'est quoi ta vie sans lui m'a balancée S. une frangine. C'est quoi sa vie à Lui, sans l'agonie de ses vieux. Alors je suis son agonie aussi. J'ai toujours crevé de ne vivre que de la mort. Une pas frangine mais peut-être amie me disais que pour les gens normaux, entre 20 et 50 ans il ne se passait rien. Je ne suis entouré que de gens peuplés de cimetières. Alors je grimpe. Je dévore les registres paroissiaux de Saisy, 1598 - 1623 - 1702, etc... J'y cherche et j'y trouve des traces infinitésimales de moi. Absurdes pusique là encore fictives, ne reposant que sur une hypothétique fidélité féminine. Salopes. Pas mêmes capacble de nous assurer une généalogie correcte. 1705 : le curé prête 3 sols à mon aïeul. Il l'a consigné à la fin du relevé des baptêmes, mariages et sépultures du village ou pas même un nobliau n'ose se faire enregistrer. Trois sols pour crever deux mois après. Endetté. Comme moi. Dette de vous. Dette de moi. Je suis en plein cramage. Mes absences, mes absents. Alors une bite. Juste une bite et la comédie, celle d'un "boquadra" sociable le temps d'une pipe, fier de son cul, et qui le donne bien.
Un week-end de solitudes. Je n'aurai pas le courage. Et pourtant, lundi, je serai encore à geindre.
La maladie n'est plus un problème. Je suis le problème. Je suis la maladie.
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