07 février 2007
Cet après midi
J'ai fait quelque chose de mal. De très mal, même. Ouh ! que c'était mal. Tellement mal que je ne peux pas en parler. Tellement mal que je m'autocensure. Un truc qui me vaudra sans nul doute dans quelques mois, sous Ségo ou sous Sarko, les foudres de la République. Un acte dont on récompensera bientôt ceux qui le dénonceront. D'ailleurs, certain ont déjà commencé. Les lobbies de petit poil.
Mais putain, qu'est ce que c'était bon. Casser quelque chose de beau, et qui voulait être cassé.
Il était encore plus joli après. Alors, j'ai ramassé ses miettes, et j'ai cajolé ce qu'il restait de lui.
Il promet.
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23 août 2006
J'ai envie
de te casser la gueule, de te briser, de te dire que tu es beau, que tu me manques déjà, que je n'aurai pas dû te quitter, que tu as été lâche de me laisser. J'ai besoin de toi, de moi, pas de nous. Je veux que tu souffres. Pas pour moi. A cause de moi. Dis-moi que tu ne m'aimes pas. Je t'ai pris pour un con. Moins que toi. Dis-moi : quand reviendras tu ? Je veux être fulgurant. J'ai (encore) besoin de toi. Un pont à Paris. Sans toi.
Mes larmes me manquent. Tu manques. Je ne te sais pas. Et m'ennuie. Depuis, je ne sais plus.
Duras est loin.
Quand reviendras-tu ? Dis-moi ?
Trop de vide. Mal rempli.
Seul. Bien sûr.
J'attends.
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06 avril 2006
Dans le contexte
ç'aurait pu lui plaire. Je parle de lui. De l'Auteur. Pas de moi. De lui.
Il avait aimé se ménager cette fraction de temps. Quoique tout se soit organisé à l'impromptu, le nouveau yuppie avait volé quelques quarts d'heure de son temps dorénavant surchargé. Il avait monté son plan, activé une des lopes qu'il avait jadis à disposition.
La lope créchait non loin du cimetière du Montparnasse. Cela faisait longtemps qu'il ne s'en était pas servi. Ca lui manquait. Peu, mais il avait senti comme un trésaillement. Comme un dernier sursaut d'une sexualité moribonde. Une fenêtre de tir. La saisir. Il n'avait pas hésité.
C'aurait pu se passer en avril.
Le yuppie avait besoin de se vider. Le besoin, et non l'envie. L 'Auteur le préciserai plus tard. C'était advenu sans crier gare. Il avait écarté toute excitation sexuelle depuis trop longtemps. Là, c'était une urgence sanitaire.
La lope l'attendait, droguée à souhait. Bien sur. Elle avait pris le soin de laisser la porte entr'ouverte, la techno à fond, et un mauvais DVD de barebacking en guise de toile de maïtre.
Atrocement classique comme schéma.
La lope vivait dans un appartement trop petit. Elle rognait sans doute sur la surface pour faire mine de se la jouer. Elle ostensait les bagages cabine Vuitton et étalait ses gadgets de geek. C'était lamentable.
Non contente d'être sonnée au GHB, la putain s'était enquillé le dernier trait de coke.
Le yuppie soupira. Il n'était pas surpris.
La lope avait un beau cul de pré quadra qu'elle avait pris le soin de faire tatouer avec un tribal en forme de flèche qui descendait vers sa rondelle qu'elle tendait maintenant en frontal, de sorte que lorsque l'Auteur eut poussé la porte d'entrée, il se prit le trou en plein cadre.
Il trouva cela plutôt joli. Il bandait, un peu. Enfin plus que d'habitude.
Sans même ôter autre chose que sa chemise, il s'agenouillat devant le fion. Le lècha, avant de se raviser. Décidément, la pute était trop ouverte pour supporter autre chose qu'une teub. Elle s'était trop graissé le cul aussi et puait un peu. L'Auteur, pas moi, l'autre, s'empécha un haut-le-coeur.
Le yuppie sorti son engin et l'enfourna. L'autre couina. Un peu, puis raisonnablement. Suffisamment pour convaincre le yuppie qu'elle ne simulait pas.
En plus de la coke, la salope avait vraisemblablement aussi roulé un pet' : un mélange hasardeux d'odeurs stupéfiantes exhalait autant de l'appart que du corps du type. Puis le yuppie fut pris d'un doute. Ca puait vraiment.
Il avait juste baissé son froc.
Il tirait la pute qui aimait ça.
Plus il le tirait, plus la pute se relachait.
Ca puait maintenant beaucoup.
La pute finit par trop se relacher, jusqu'à chier litteralement sur la bite du yuppie. La merde glissa lentement sur le rebord du lit pour s'écraser lamentablement dans l'entrejambe du pantalon de l'Auteur.
L'Auteur n'a pas aimé.
Le yuppie a frappé la conne.
Il l'a même tellement frappé qu'elle a chialé.
Alors, l'Auteur a bandé comme jamais.
Alors le yuppie s'est désappé. Son futal était indemne. Un coup de chance. Mais son boxer DG était maculé de merde.
Alors, l'auteur l'ôta.
Du bout des doigts, il le ramassa pour le fourrer dans la gueule de la lope qui chialait maintenant de honte. De honte.
Le yuppie s'assit.
L'Auteur regarda l'autre bouffer son slip.
Le yuppie exigea qu'il finisse.
L'Auteur se rhabilla.
Le yuppie partit.
En rentrant, le yuppie avait pris une nouvelle résolution : il arrêterai le cul.
Il se consacrerai dorénavant à sa nouvelle passion : le fric.
En marge,l'Auteur décida aussi qu'il allait faire morfler les connes.
Elles avaient voulu la guerre.
Elles l'auraient.
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21 mars 2006
Une bombe
ce salaud a pensé m'envoyer une bombe.
Je croyais pourtant l'avoir mis à terre, à force de ne lui promettre que du vent. Il me dit avoir baissé la garde. Il me dit que je suis sa drogue, dorénavant.
Dépendant. Le mot est lâché. Et je sens déjà des flots de sang converger vers ma queue, pour la gonfler, la tendre, la tuméfier presque, à la seule idée de le maîtriser. A la seule idée de le tenir là, puis de le jeter à terre.
Il veut avoir mal.
En m'aimant, il veut se punir. Je suis sa flagellation.
Il a trouvé en moi un maître. Le puzzle de lui, que je lui ai sommé de m'envoyer, me suffit. Il est encore assez beau pour être abimé. Vraiment cassé.
Il me dit juste. Il me dit maître. Il se dit amoureux.
Je sais qu'il joue. Comme moi. Sauf que moi je ne joue peut-être pas. C'est comme ça que je le tiendrai. Les cartes, c'est moi qui les ai.
Tu kiffes, hein ?
Oui, je suis entier.
Oui, je suis sincère.
Oui, j'aime les autres, à défaut de m'aimer tout court, même si c'est aussi, parfois pour déverser le trop plein d'estime que j'ai de moi.
Jusque là, t'as tout bon.
Oui, tu es un garçon intelligent, sûr de toi, et égoïste. Ton CV plaide pour toi.
Tu es brillant : c'est bien le problème. C'est d'ailleurs ce que l'on te reproche : tes fautes, tu les assumes.
Mais si tu es brillant, tu reste pourtant médiocre, car si tu ne l'étais pas : tes fautes, tu les éviterai. Au lieu de cela, sans cesse, tu les recommences. Tes fautes ont pris le hoquet.
Tu sais déjà pourquoi je te quitterai. Car c'est moi qui te quitterai. Je te quitterai à cause te ton égoïsme. Ou plutôt de ton égocentrisme. Celui qui te rend fier de ton cul, de ta bouche, de tes yeux, de tes abdos... De toutes ces parcelles de toi que tu as livré à mes yeux avides et que j'ai déjà envie de posséder.
Tu n'as rien perdu, au regard de ce que tu vas perdre, avec moi.
Tu me dis avoir payé cher. Je te laisserai sur la paille.
Mais auparavant, je t'aurai rendu heureux. Comme jamais. Et le seul souvenir de ce bonheur te comblera.
Pourtant, tu pleureras.
Encore. Tu pleureras.
Encore et encore.
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20 mars 2006
J'ai encore besoin
de ne pas te voir. Et je ne te verrai pas. Nous nous croiserons pourtant. Demain ou plus tard. J’ai besoin de te sentir, de bouffer tes lèvres. J’ai besoin de t’avaler.
J’ai besoin que tu m’accueilles. J’ai besoin que tu te donnes. J’ai besoin de te maîtriser. De te dire comment m’attendre. Comment me laisser venir. Comment me laisser t’aimer. Comment te laisser m'aimer.
J’ai besoin de sentir ma queue gonfler à la seule évocation de ton prénom. Je te veux offert.
Il sera tard.
Je t’aurais dit de m’attendre.
Que je passerai peut-être. Ou peut-être pas.
Tu seras fébrile.
A genoux. Quasi nu. Dos à tout. Dos à la vie.
Tu m’attendras.
Je passerai peut-être.
Ou peut-être pas.
Tu guetteras mes pas. Tu mourras d’attendre. Et j’aimerai ça.
Dans mon absence, je contrôlerai tout. Je vais jouer. Tu vas morfler. Tu vas aimer. Tu vas m’aimer.
Je pousserai la porte. Tu mourras. Tu mourras de moi.
Presque nu, je t’ai dit. Offert, je te veux.
Et je trouverai ta bouche.
Et je mangerai ta bouche. Tes lèvres sont sacrilèges. Tu me l’as dit. Et je t'ai cru.
Je passerai ma main. Caresserai ton corps. J’aimerai ta peau. Je remonterai sur tes jambes. Tes cuisses.
J’effleurerai ta bite. Ton trou.
Puis je partirai.
Quitte à me branler.
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19 mars 2006
J'ai passé
un week-end à côté, de toi, de lui, d'elle, de mes pompes.
Tu m'aimes et je te méprise déjà.
J'ai besoin de ton besoin de moi. Mes nuits sont tiennes. Je rêves de toi. De ce plaisir que je ne te donnerai pas, incapable que je suis de jouir, dorénavant et de faire (te) faire jouir, plus encore.
Oui, je te haime.
Je joues comme tu joues. Je te tu. Tu me tues.
Tu n'as pas manqué un seul instant, et je sais que chaque torrent de foutre qui t'a remplit était mien.
Tu bandes ?
Pas une goutte, t'entends ! Pas une goutte, je ne te donnerai.
Ou de l'encre. Ou rien.
Oui vas-y, dis-moi que je suis bon. D'abord, je le sais. C'est toi qui fait ça. Et plus lui, non plus toi.
Virtual boy.
Vous en voulez encore ? Il faudra attendre. Il faudra m'attendre. Entre vous et moi, désormais, c'est moi.
Vous voulez du talent ? Vous en aurez.
Vous aurez de la merde, aussi. Bien plus.
Et ça, je vous le promets.
23:56 Publié dans Fictions [?] | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
07 mars 2006
Petite annonce
Blogueur parisien ch à louer sur 75 et RP, chbre ou local hermétiquement clos. Durée limitée. Pref. pour localisation isolée. Tout prop. étudiée.
12:38 Publié dans Fictions [?] | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note
J'ai rêvé
d'une panic room. Pas de fenêtre. Noir total. Ma chambre ursine. Je l'ai entendu arriver. Je savais qu'il viendrait. Nous en étions convenu. Comme de tout le reste d'ailleurs. Aucune place à la surprise entre lui et moi. Tout est mesuré. Contrôlé. Maîtrisé.
Il s'approche. Lentement. Je sais qu'il m'entend. Enfin mon souffle. Juste mon souffle.
La porte du refuge est restée entrebaillée. A l'extérieur, aussi le noir. Je le sais juste là. Il s'est arrêté. Maintenant.
Du bois qui craque : il s'est assis.
Puis un bruit sourd : quelque chose qui choit par terre, immédiatement suivi par la même résonnance, la même chose qui retombe. Une paire de baskets.
Puis, un "switch" comme une glissière qui s'ouvre. Une veste de cuir que l'on maltraite, du bois qui frotte sur le parquet. Une chaise que l'on déplace.
C'est interminable.
Je t'ai promis de ne pas me toucher. Du moins avant que tu ne me touches. Que ce soit pour me faire l'amour ou pour me buter.
Ma queue est pourtant raide : à chaque bruit de toi, elle se tend encore.
Un cliquetis, puis un autre, une ceinture qui se libère de ton futal et la chaise qui crisse encore sur le parquet. Je te sais nu, dorénavant, comme moi.
Lentement, infiniment lentement, je te sens t'approcher de l'entrée du repaire. Y pénètrer enfin.
Tu refermes derrière toi. C'est un nid. C'est un oeuf. Un utérus. Un cercueil.
Rien d'autre que plus que nous.
Tu t'es assis là, par terre, à deux pas de moi. Si je voulais, je pourrai te toucher. Je sens ton souffle. Je me tiens pourtant debout . Je ne te vois pas. Je ne veux pas te voir. Je pourrais te toucher. Si je voulais. Si tu voulais.
[...]
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02 mars 2006
Tibi or not tibi [fiction]
Mes mots te font trembler, tes mots me font bander
mais ce ne sont que jeux de maux.
"Adore ce qui me brûle",
comme la devise d'un antique pare-feu,
aux armes d'une quelconque parentèle.
Ne nous promettons rien d'autre qu'absences,
ou désirs avortés ;
déjà.
Vas-y, ma douleur, résonne aussitôt.
Prends ta place.
Celle que je sais te faire,
celle qu'il imposera.
Vas-y ma douleur, deviens concubine.
Ombre je resterai.
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