27 septembre 2008

Sans titre

Je n'aime plus ces soirées où je me perds dans des vents de panique. Non pas que je les ai appréciés un jour, mais je les recherchais. Aujourd'hui, je pense n'avoir plus besoin d'aller là où j'abandonne le contrôle de moi, selon un rituel trop bien réglé, pour mieux vérifier que je suis faillible et que je peux sombrer, collapser.

Ne plus tenter de prendre la main, mais considérer que je l'ai depuis toujours. Refuser tout déterminisme et survivre quand même.

Cette semaine, j'ai dit non. J'ai accepté de prendre de vrais risques pour écarter la tentation d'une complaisance dans le mal être.

Il faudra qu'au réveil, demain, je prenne toute la mesure de ces mots écarteurs de maux.

Ne plus subir, et respect.

21 septembre 2008

Réflexion faite

je me demande, si dans le contexte, c'était une bonne idée d'aller voir ce film,

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dans le contexte que nous traversons. N'empêche que si nous avons pleuré à gros bouillons, nous avons peut-être aussi laché un peu de pression. Un petit bijou, nécessaire comme tous ces "films français", que certaines nomenklatura renvoient aux orties et qui pourtant touchent juste.

16 septembre 2008

Le Fil(s)

Les vacances sont terminées.

En fait, elles l'étaient dès notre retour du Sud. La dernière semaine fut éprouvante. A moins qu'il ne ce soit agit d'épouvante. Un lecteur m'avait auparavant gratifié d'une jolie lettre. Une lettre de lien. Il me parlait depuis sa place, spectateur de ma vie. Fatalement. Il y qualifiait de maritale ma relation avec Gé, et je reste en accord avec lui. Maritale.

Il n'empêche que de Bourgogne en Auvergne, la semaine dernière, notre couple a échappé de peu aux métastases de la chienlit. Son père, je l'ai déjà dit, accomplit une agonie longue qu'il s'emploie à paver de méchanceté, de manipulation, de destruction. Et malgré des ans d'éloignement, de colères, de non-dits, Gé est là, fils parfait, aimant,  conciliant, détournant ses rancoeurs et ses remords.

Leurs liens, et les valeurs qui les animent, ne sont pas miens.

Je n'aime pas son père.

Je ne lui accorde aucune compassion.

Je me reconnais même lui imputer un rapport de causalité dans la mort de sa mère, l'année passée.

Tout cela, mon mec, mon mari le sait.

Comme il sait que je suis là. Pour lui. Avec lui. Mais je n'accepte pas d'être d'un tiers. Un objet transactionnel. Celui sur qui l'on déverse l'agressivité que l'on ne peut pas exprimer, parce qu'à l'orée d'une extrême onction. Je n'accepte pas l'incommunicabilité. Je peux tout entendre de mon gars. Mais plus rien du malade : ni ses gémissements devant la facture salée qui lui est présentée, ni ses faux regrets, ni son obscénité quand il raconte ses coucheries nègres, ni ses pleurs de ne pas revoir la fortune qu'il a expédié là-bas, à une pute qui est tombé sur le bon pigeon.

Et ça, le Vieux, il le sent.

Alors, nous avons passé les derniers jours de nos congés à nous faire souffrir. Mes fuites généalogiques, à relever des épitaphes, à parcourir les chemins du sang (le mien), n'ont rien changé : nous nous sommes déchirés.

Seules, mon obstination, mon abjection, ma totale détermination à ce que ce ne soit pas son cancer qui emporte ma vie maritale ont pesé pour éviter le naufrage. Mon amour et les échanges avec l'autre couple de l'histoire, celui de la soeur de Gé, ont peut-être aussi consolidé mon opiniâtreté à ne pas lâcher maintenant.

Notre histoire s'est abimée de nouvelles cicatrices que nous trouverons belles lorsque nous seront certains de les avoir guéries.

Et ce mardi, le retour au bureau et à ses fadaises.

Septembre sera long. Pour moi. Pour son vieux. Pour mon couple. A la différence près, que pour nous, chaque jour passé est un jour de gagné, et que pour le cadavre en sursis, c'est un jour de moins. Il perd. Il le sait, et son énergie du désespoir est laide, noire, hideuse. Je me souhaite une belle mort.

Et pour vous, des images pieuses.

 

08 septembre 2008

Transit

Retour à Paris. Une semaine entre des parenthèses de soleil. Et puis rien. C'était bien. C'est tout. De ne pas penser. Etre là c'est brutal en mille. Les ouragans d'emmerdes se sont chargés de la langueur estivale pour prendre force et vigueur. Une semaine sans travail. Encore. Elle ne sera pas de vacances. On repart. Vers la tempête.

26 août 2008

Jusque là

j'ai toujours douté de moi. Je veux dire de ma faculté à plaire. Physiquement. C'est sans doute pour cela que la plupart du temps, je me suis maqué avec des bombasses à mon exact opposé : genre musculeux, poilu, viril (sur la base d'un référentiel gay : pas la peine de vous marrer, les copines ! J'en connais une - au moins - qui est mdr !). Bref : j'me tapais des beaux qui se tapaient un moche, en l'occurence : moi. C'était ma représentation, donc c'était vrai !

En même temps j'affichais un ego de connasse lobotomisée, genre celles qui fréquentent le Rouge en étant certaines que  frayer avec des travailleurs sociaux, ça craint, et qu'il vaut mieux cotoyer des "vraies pédales" : CSP +, été à Ibiza, hiver à Courche... Tout en finançant mes bières par Sofinco et en chialant quand aucun des 85 numéros présent dans mon répertoire ne m'appelaient le samedi. Les vrais amis restaient fidèles mais je ne voulais pas les voir, - moins fun - : ce que je voulais, c'est de la tafiole, de la courge, de la paillette et de la paille... tout court.

Et depuis que je vieillis - ben depuis toujours, patate ! - , que les pattes d'oie sont bien là, je m'entends susurrer (le temps d'une fornication sous des lumières rougeâtres et opaques, certes !),  et souvent par des canons de tafioland, qu'ils aimeraient bien être comme moi... à mon âge ! (et mon genou dans tes couilles t'y a pensé, CONNASSE ! )... Mais au final, je trouve quand même que c'est une putain de revanche, qu'un quadra qui va afficher -à la fin du quinquénat de Sarko- ses vingt ans d'infection à VIH fasse encore kiffer du jeunot. Ego trip ! Mais pour le coup justifié.

Elle vous enterrera, la vieille.

La Vieille. (Laquelle se barre au Soleil dimanche et  se marre bien de vos gueules de ravis de la crêche, avec la marque du maillot - là - et de votre  mine de dogue because faut rattaquer : gniark !)

24 août 2008

Pour (sa) mémoire,

"clic"...  Un p'tit bruit, comme une brindille que l'on brise en deux.

C'est l'impression que cela m'a fait.

    Puis un blanc.

Ou plutôt un (petit trou) noir.

Ni ma mère, ni moi n'avons prêté attention à ces (ses) absences. Celles de mon père. Bien sûr nous jouions aux cartes. Bien sûr mon père ne s'est, à aucune partie, souvenu de la couleur d'atoût, alors que nous faisons une "coinche"... Une sorte de belote bridgée d'origine stéphanoise. A mon retour, Gé m'a fait remarquer que le Paternel était souvent "ailleurs". Pas plus que d'habitude...

Puis, hier, lors du traditionnel coup de fil du vendredi, ma mère - rigolarde - me dit que le Vieux ne savait plus où il était venu, lundi... Lyon ? Marseille, Genève ?

Et là, le "clic"...

Le mot qui s'impose : Alzheimer. Pour l'instant juste une crainte. Mais je borde. La Mère et mon Frère sont alertés de mes craintes. Et quand je parlais d'accompagnement : il s'impose d'ores et déjà. Etre en veille. Savoir. Et être là... Parce que c'est nous.

19 août 2008

Pour mémoire,

j'écris ce post. Comme pour enchâsser l'instant, les heures, ces dernières heures.

 18 Août 2008. Il ne s'est rien passé.

Pourtant si.

J'ai compris.

Que c'était posé là, devant moi, depuis 10 ans et je n'avais qu'à me pencher pour ramasser,

                                        brindilles de moi.

Ces dix dernières années, j'ai dit... Conséquence(s) des huit d'avant...

Et pour comprendre là, ce soir,

                                        connement.

Je ne vivrai pas sans repères.

Le chaos m'appelle mais le désordre me violente, trop.

C'est rien : une demi-heure à peine, pas plus, qui m'a fait toucher mille certitudes.

Mes vieux sont venus à Paris. Pour la première fois depuis 4 ans. Avec Gé, nous avions décidé d'épouser leur rythme, de ne les contraindre à rien, de nous dépouiller de notre ethnogotisme qui fait que fatalement, si la famille "monte", c'est pour une opération kamikaze.  Alors Ils sont donc venus. Nous avons déjeuner à l'appart', et c'est le moment d'après, cet instant où chacun s'est posé, parce que fatigué, dans un silence absolu, c'est cet instant que j'ai eu envie de sertir : la Vieille s'était allongée sur le canapé, vampée par un miron, et le Vieux squattait notre lit, aussi accompagné par un greffier.

Gé s'est tenu à la distance qu'il fallait pour que tout à la fois je vive, je voie et que peut-être je finisse par regarder : cette pause de nous. Nous qui posions presque, pour l'objectif de notre mémoire.

J'ai su que j'avais encore besoin d'eux. De les accompagner. Plus loin. Que nous devions écraser les années d'anarchie virale et d'affection terrorisée (terroriste), pour atteindre enfin cette tendresse folle, filiale, finale. Remercier ce virus, car sans lui, nous n'aurions pas su nous trouver à ce point?

Tout à l'heure, j'ai compris ce que c'était que d'être leur fils. Et je mesure la chance inouïe d'être né là, avec eux, parce que si hier leurs valeurs me sont apparues désuètes et rustiques, voires parfois rustres, j'aime aujourd'hui voir comment elles se sont assouplies (assoupies ?) avec le temps, la vieillesse.

Merci mes vieux.

Merci mon père d'avoir interpellé, l'oeil rieur, "mon homme" ! Merci, ma mère, de n'avoir pas dissumulé ton émotion, et le plaisir partagé que nous avions fais, tous deux, le choix de provoquer.

Merci, Gé, d'avoir su être juste là où il fallait : j'ai beaucoup appris, aussi, sur nous.

Merci laux deux filles (il en faut),  parce que ce 18 août s'est greffé sur un autre après-midi, au bois de Vincennes, où nous avons sans doute enfoncé dix portes ouvertes, mais oùles choses qui se sont dites me sont parues aujourd'hui tellement brutes, empreintes d'une sincérité sans fars, que je me suis senti moins fragile.

Je sais bien que ces "révélations" ne feront pas de moi un luron. Je vais essayer d'inventer des gris, qui me permettront d'éviter les contrastes trop violents de ma cyclothymie. Sans effort, je vois des repères nouveaux apparaître et  les anciens resurgir. Mis bout à bout, ça semble ressembler à quelque chose qui pourrait m'être familier : une tendre résignation.

Ma jeunesse n'a pas été drôle, la force de l'âge ne devra pas avoir la prétention d'être autre chose que sereine.