08 juin 2008
Eloge de la cassure
J'ai le hoquet. Les mêmes causes produisent les mêmes effets. La radicalité finit par primer. C'est donc fou ce que je me sens mieux depuis que je me suis libéré de liens amicaux qui n'étais qu'unilatéraux. Depuis des mois que je me suis battu pour être au milieu d'eux et rien. "Ils" ont sans doute leur propre version, et nous avons sans doute tous tord. Ce que je sais, c'est que depuis que j'ai décidé de ne plus investir affectivement ce cercle, je suis bien, dans ma vie, dans mon couple, et prêt pour les mois de merde qui arrivent, parce que la tempête est devant nous.
Et puis j'aime bien cette rencontre, sans doute un peu trop borderline pour être totalement honnête. Mais j'ai vieilli et je sais ne pas m'embarquer dans des voies sans issue.
Libre.
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06 juin 2008
Il sera dit
que je suis inconstant. Sans doute mon côté sagittaire, jamais mieux ailleurs que là où je me trouve. Je reviens donc ici.
Il n'est pas venu le temps où je cesserai de bavasser.
Peut-être tomber les masques. Un peu plus.
Fidèle.
20:21 Publié dans Le blog | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
06 août 2007
Ils sont dérisoires
ces tout petits pas, ces tout petits jours qui nous éloignent de la date de la mort de B.
Il y a une semaine tout juste, nous nous préparions pour déconner avec elle dans sa chambre.
Ils sont dérisoires. Ils sont lents. Ces tout petits pas.
Mains jointes au dessus de la tête, je vous ai appelé, et vous êtes venu.
Nous avons accomplis ensemble plus que des tous petits pas, hier, tous les quatre.
Gé en fera de nouveaux, des pas, cette semaine : avec ses amis à lui, et avec nous aussi, parce que pour la première fois depuis huit ans, on va le fêter, ce putain d'anniversaire.
Petits pas en avant. Grands pas en arrière. La Mort me fait danser un menuet. On passe par dessus les jours. Et l'on oublie aussi bien vite ceux qui ont décidé de ne pas être là.
Game over.
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05 août 2007
Quatre paires de mains
C'est le souvenir qui restera à jamais gravé dans ma mémoire de cette semaine, au rang des plus éprouvantes de ma vie.
Racines. A la suite de nôtre séjour altiligérien, aux sources de moi, nous devions rejoindre les terres de la famille de mon mari, pour un épisode de re-lien en période compliquée puisque, implacable, le diagnostic était tombé quelques semaines avant, pas même, que dis-je ! quelques jours avant : père et mère de mon aimé étaient en stade avancé de cancers divers et variés.
Elliptiques, les homme en blanc nous laissaient pourtant l'horizon d'une année, de vie, de combats, de peines et d'espoir.
Le coeur gros et les yeux pleins d'amour, lundi, nous nous sommes donc tous rendus au chevet de ma belle-mère (oui, ma belle-mère, je ne vois pas comment la désigner autrement) : son époux, poussé en chaise roulante par mon mari, sa fille et son gendre, et moi. Une bouteille de Mâcon blanc bien frais passée en fraude pour "fêter" les retrouvailles, et nous promettre de nous revoir en d'autres circonstances très vite.
Bien sur qu'elle était faible. Mais bien sur qu'elle était heureuse de nous voir tous unis autour d'elle.
Mercredi, à potron-minet, le téléphone nous a tiré du lit, il fallait venir, sans autre explications aucune.
Nous avons à peine pu recueillir son dernier souffle. Je crois qu'elle a attendu ses enfants. Elle est parti.
Et la douleur. Celle qui cisaille celui que j'aime. Celle qui me laisse impuissant, les bras ballants, comme un con, dans cette chambre, devant cette scène éternellement rejouée mais qui l'atteint, et qui me touche.
Elle est morte.
Mon mec, mon amour, mon homme a perdu sa mère sous mes yeux.
Jamais je n'aurai voulu être là. J'y étais.
Le golgotha qui s'ensuivit leur appartient. Nous appartient car, en partant, B. a scellé mon entrée dans cette famille. Les jours qui suivirent furent atroces et aussi plein de beaux moments.
C'es dur d'être là, un peu plus loin, mais dedans. Quand même. Malgré qui'il faudrait peut-être demeurer hors du cercle.
Quatre paires de mains, chère B. C'est ce souvenir que je garderai de ta brusque quitterie ! Celles de ta fille, décorant les tiennes pour que tu partes belle. Celle de Gé, arrachant la crasse de celles de ton mari, impotent, pour t'accompagner vers le Grand Néant.
Quatre paires de mains et mes yeux mouillants, parce que, petit bout de bonne femme croisé depuis quatre ans, tu étais au rang des miens.
Je t'aimais bien, B. et tu me manques déjà. Les semaines à venir s'annoncent rudes. Je serai là. Pour lui. Pour toi.
Merci.
[N.B. : No comments]
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29 juillet 2007
Affrontés
En héraldique, c'est la définition de deux pièces nobles, animales ou chimériques, positionnées pour se livrer combat.
Affrontés : en partance depuis mon fief pour rejoindre celui de mon mari, c'est la posture que nous allons devoir tenir face à la réalité. Implacable.
Imprévu : le plan "dernier repas" [sur l'air de la chanson de Jacques Brel], programmé à l'insu de mon plein gré, ce lundi.
Acculé : position d'un être contraint à ne pas pouvoir s'échapper d'une situation douloureuse.
Au dîner de demain : deux gosses, deux cancers quasi terminaux, deux sida.
Les vacances battent leur plein.
[Note pour moi-même : je suis le plus extérieur de tous, NE PAS M'EFFONDRER]
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27 juillet 2007
Script transit (II)
Je vous écris depuis loin.
Je veux dire que je vous écris depuis ailleurs.
Peut-être que c'est depuis une douleur qui n'est pas la mienne. Depuis une crainte qui le deviendra. Mien. Je veux dire - encore.
Je suis grimpé aujourd'hui de l'autre côté de l'arbre. Je veux dire du Paternel. Car, vertiges de l'histoire, tout mon sang à 1/4 près provient du même triangle, un triangle de burles, de dentelles et de futaies.
De ce Très-haut Languedoc, je ne ressens pas la même attraction. De la distance du rapport au Père, peut-être. Pourtant, autant que du là d'hier, je viens du là visité aujourd'hui.
Un peu plus loin. Pourtant.
Sur les autels des mêmes églises romanes, je fais - sans prière - brûler des cieges. Au cas où. A moins qu'il ne s'agisse de laisser une trace de noir de fumée sous une voûte en plein cintre. (Rejoindre ?)
Je vous écris vraiment depuis loin. Je vous écris vraiment depuis ailleurs. Je vous écris depuis demain. Je vous écris depuis mes peurs.
Celles qu'il me projette.
Tsunami de métastases, crie la Vigie.
Ils sont déjà là, anonent les hommes en blanc.
Sont-ce des mois ? Des semaines ou même des jours, qu'il faut compter, aux dernières nouvelles du soir.
J'ai très égoïstement peur pour Nous.
Alors, en vain, je brule des cierges, de romanes en romanes, de majeures en majeures. Comme Constantin. Pour le cas où...
Le sens de ces luymières, c'est que je viens de là. Que je RESSENS le lien.
Et pourtant, je ne vivrai plus jamais ici. Les regards sont trop lourds. Ils me reconnaisssent trop vite tout en me détestant trop tôt. Là. D'ici fugace et sitôt parti. D'ici et pourtant étranger. Le temps de feuilleter les pages jaunies et moisies d'un registre paroissial, ou de relever sur le granit le nom des os qui pourrissent dessous. Je proviens du Magnifique. J'y reviendrai. Partiel. En poudre et dérisoire.
Parce que je le veux et par vous.
Résistant.
Fort de mon histoire.
Et mort aux cons.
La province pue. Elle Tue. Mais je suis la province. Eternelle. Migrante. Amnésique. Fière.
La seule qui vaille.
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25 juillet 2007
Script transit (I)
Je vous écris depuis loin.
Je veux dire que je vous écris depuis longtemps. Ou depuis nulle part. De là où je suis, les distances et le temps ne comptent plus. Car tout à commencé là. Tout finira là. Pour partie. Vous comprendrez peut-être avec le Script transit en photo qui s'annonce. <plus tard>
ironies des rencontres, mesquineries des histoires, si je suis revenu là, c'est à cause de sa fuite. Celle de Gé. La retraite devant les crabes. Les crabes concomitants de ses vieux. Cette retraite qui me fait retrouver mes vieux à moi. En amour.
Intégre et total. Entre-deux majeures romanes. Entre-deux, tout court. Anyway - comme tu dis, [toi-qui-me-lie -. toi qui me lis...
Dérisoires, sinon. Il reste de moi, là, le tout. Entre Gévaudan et Margeride, ce que je suis vraiment.
Mes clones circulent, sur les berges de l'Allier. Mon mec s'étonne du même faciès, à chaque coin de ruelle.
Je me re-SENS de là.
Ente Saugues, Saint-Flour et Langeac, c'est donc vrai, je viens d'ici.
Comme un appel. Viscéral.
Gé reste étonné de la violence de ce lien.
Là, c'est moi. Donc là, c'est tout.
RACINES- RACES IN.
Ici, Tout est advenu. Et l'Amour Immense. Entre cette Terre. Et moi.
Je suis né, là. Je suis de là. Ironie(s) / C'est lui qui m'y [m'en ?] retourne.
Entre Auvergne et Gévaudan, donc, partout, sur les tombes, mon nom. Mes traits ? Mon visage !¨Presque. Quelque chose de moi.
Je vous prends à témoins, je vous ordonne : c'est là que je veux revenir. Parce que c'est là d'où je viens. Je vous en veux juste de soupçonner ne pas comprendre cette violence à moi, à la terre, à la lave. Cette violence qui m'attache à un pays. Une fierté. Peut-être. Mistralienne ? Barrèsienne ? Sans doute.
Mais putain, ce lien, il est tout, sauf ténu. Il est vital. Je ne suis pas né là. Mais j'y reviendrai.
Et je vous demande d'en faire le serment.
Quand vous verrez, bientôt, cette moitié de moi, je vous jure que jamais, plus jamais, vous ne me regarderez comme avant.
Car, c'est [de] Là que je suis. Et je ne connais que des Fantômes ou des Ours pour me comprendre. Ils seront au moins deux.
C'est plus qu'il n'en faut pour rendre un homme heureux
(Re)Trouvé. A l'instar du Parfumeur.
PS. 1 : post écrit sans autre hallucinogène que la pouzolane, c'est dire !
P.S. 2 : Foultitude d'essentiels, dans ce post.
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