13 février 2007

La conjuration de février

Henri-Pierre, toujours trop indulgent avec moi et la qualité de mes billets, m'agace. Il va aussi exaspérer Fantôme furieux.

Dans son post Gothique tardif il a cru bon mentionner le tombeau de Philippe Pot, dont Fantôme furieux dans une évocation en commentaire à un de mes posts, a rappelé l'existence. Une des pièces maitresses de la Philothèque.

Les temps anciens, la résurgence dans ma mémoire de visages anguleux, le goût d'hier, tout ça, j'ai du mal à croire au hasard...

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Je me prédis une merde noire, superbe et inévitable.

 

09 janvier 2007

Dans la série

j'avais raté : le temps qu'il reste. Thématique et esthétique coeurs de cible. Et pourtant, il manque une émotion, l'essentiel ne me suffit pas.

Au delà, comme un flash, envie de rapprocher cette pics :

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 d'une photo extraite du film d'Ozon

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 sans plus de commentaires, de ma part.

09 octobre 2006

La province assassine

Revu, sur Arte (de toute façon,  indiffusable ailleurs que sur Arte) :

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Encore un film qui me met totalement mal à l'aise, et pourtant au Panthéon de mes références. Sans doute parce qu'à force d'hésiter entre les deux héros masculins, je fini par me retrouver dans chacun d'eux, ou par me perdre entre celui que j'aurai aimé être, et celui auquel j'ai échappé. Le revoir : un moment douloureux (oui, vraiment douloureux) . Les Vosges peuvent tuer. Comme le Forez m'a tuer (sic). C'aurait pu être la Margeride ou le Morvan. De toute façon, mes trente-deux quartiers se répartissent dans ces "trois tiers France".

Un film, une redif en prétexte à ce post. Infidèle que je (vous) suis. Vous me manquez. Vous aussi. Les fire-wall de mon taf ne me laissent aucune chance. Poster par anticipation ? N'y parviens pas. Ce serait un peu  de l'écriture sous vide. Pour ça, il y a Angot. Je vous la laisse.

Je m'assèche. Vraiment. Je deviens un financier. Un banquier. Je perds mon âme. Le peu qu'il me restait. J'en oublie de m'oublier. De  conter mes égarements. Moins drôles. Moins pathétiques. Moins souvent. Moins vivants.

"Avec la qualité de ce que tu écris". Tu parles, c'est si loin. Je ne commets même plus les discours de quelque sous-ministre. Pas même ceux d'un mauvais sénateur d'une quelconque haute-province. Une province meurtrière à laquelle j'aurai pu échapper. Je me recroqueville dans des ambitions de rescapé, de gérant de pressing, de Belfort où d'ailleurs.

Un rail de coke. Un gamin de vingt-deux ans. Un [autre] samedi perdu. Et j'ai le sentiment d'exister. Je ne me mens même plus. Ce n'est d'ailleurs plus un sentiment. Tout juste une impression. Impression : vivant.

C'est ça.

Du charme du fer à repasser considéré comme acte d'amour. Ou de la province. Celle consubstantiellement meutrière. Celle qui me rappelle. Celle que je renvisage (rends visage ?). Sérieusement. Pour la première fois depuis... 7 ans. Déjà.

Paris m'aurait-elle lassé (laissé ? abandonné ?). Ou me decide-je à me résigner ? N'en demeure pas moins. Drôles d'idées en tête.

[Finalement, ce post mérite un dédicataire, et ce ne peut-être que toi. Tu comprendras, je crois]

 

12 septembre 2006

Supplément au roman national

 

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J'aime.

C’est à coup sûr la révélation littéraire de l’année. Je revendique au moins le Novembre pour Boulin qui nous (se) renvoit tous, dos à dos, fabriquants de misère, pourfendeurs de précarités, militants de la dernière chance, activistes pathétiques, victimes complaisantes ou endormies. Pire. Révoltées en vain. La chronique de Boulin n’a pas d’issue parce que nous n’avons pas d’issue et que nous le savons. Le seul réflexe que nous nourrissons c’est de continuer d’avancer, par instinct animal, pas parce qu’il y a un sens (ou un sens) à leur (notre) histoire. Boulin  à en plus une gueule. Une gueule d’ange. Un ange qui nous casse la gueule. Peut-être parce qu’il s’est cassé les dents sur les marches de l’ENA.

 

Boulin, j’ten veux. Ton bouquin, c’était à moi de l’écrire. Et puis non, finalement, t’as raison, moi, j’suis déjà dans le système. Faux cul puissance mille. J’te donne rendez-vous trop tôt. La bulle t’attend. N’empêche, sur la ligne trois, tu m’as fait chialer. J’avais l’air con. J’t'ai fait de la pub. Malgré moi. T’es culte. Va falloir assumer. J’attends le prochain. Je (t’) attends.

 

23 juillet 2006

Versailles rive gauche

Tiens, j'l'avais oublié çui-là.

Un p'tit moyen métrage que j'avais trouvé plutôt sympa et qui repasse sur le cable à la faveur de l'été.

 

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Versailles Rive Gauche, De et Avec Podalydès. Les mésanventure périscatologiques d'un trentenaire aristo, très très Versailles et qui essaye d'emballer une jolie pépé, et qui n'est pas sans me rappeler...

Morceau choisi (spéciale dédicace for Creamy) :

- Chantal : "Je vis une période de ma vie pathétique"

- Arnaud : "Bois du Digédril".

 

14 juillet 2006

De loin

de très loin depuis  ma conscience, j'écris ce post. Et il ne pouvait l'être que dans un moment de cet acabit. Un de ces instants de l'étrange où après les drogues, j'actionne les palliatifs légaux. Pour fuir plus vite, encore. De loin. De là où je me tiens, chaque lettre, chaque mot est dur. Il est effort. Le brouillard qui m'a envahi - un peu à la façon du delirium traemens du poivrot,  me laisse pourtant percevoir cet absolu besoin de vous dire ça, et de vous le dire maintenant :

Je n'écris pas. Et je n'écrirai pas. Et c'est à cause de ça :

 

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J'ai enfin retrouvé une mauvaise édition du Prix Hermès 76. J'ai immediatement failli l'égarer... au rayon frais du Franprix de Berthier. Le gag confine à l'obscène. Il se trouvait dans ma terne saccoche Longchamp, saccoche qui vient de m'être offerte lors de ma promotion au rang d'adjoint au sous-chef de bureau de la quatrième direction. Mais si j'avais perdu, de nouveau, ce bouquin qui je viens de mettre cinq années à retrouver,  ç'eut été une augure dramatique.

J'ai eu la chance de croiser Gomez-Arcos dans les années 80. Un ptit bonhomme, pas très vieux, pas très laid, mais très convaincu que l'oeuvre de sa vie, c'etait l'Agneau. Le petit vieux m'a jaugé. Il m'a souri. Il m'a tendu le livre dédicacé qui devenait alors pour moi un fil. Il ne savait pas que peu après, tous les fils se romperaient. Pour lui. Pour moi.

Mais quand un homme a pu écrire ça : ça  donne l'humilité du lecteur. Ca tue la velleïté de l'écrivassier.

Je t'aime parce que tu es à moi. Je t'aime parce que je te possède. Je t'aime parce que tu as besoin d'amour. Je t'aime parce que tu es le désordre et que je n'aime pas l'ordre. Je t'aime parce que lorsque tu me regardes, et ce depuis toujours, je me sens un héros. Et je t'aime surtout parce que j'ai enfin compris que je ne peux parler de mon amour à personne d'autre qu'à toi, et que le véritable amour c'est ça. Deux êtres qui forment une seule solitude. Un seul silence. Je t'aime aussi parce que ton contact me pousse à la limite de ma virilité.

[Et toi ? Pourquoi tu m'aimes ?]

Je t'aime parce que ...j'aime la destruction et que toi et moi nous ne formons pas ce lendemain pénible de l'amour éternel. Je veux dire de l'amour dit créateur.Et je t'aime surtout parce que personne ne pourra jamais nous accuser d'amour. Jamais, tu comprends [...] Je t'aime parce que je te sens capable d'aimer quelqu'un d'autre et pourtant tu n'aimes que moi. Moi tout seul.

Et moi, je vous dit que ceux qui m'aimeront... liront l'Agneau carnivore, quand bien même il soit totalement introuvable. Mais ceux qui le liront s'interdiront un seul instant de se croire Ignacio, ou Antonio.

Moi, je les ai croisé.

Ils sont morts, aujourd'hui. Pour la République Espagnole. Qui vaincra. Dans le sang.

 

 

20 juin 2006

Epektasis

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Finalement, je ne me suis jamais trop interrogé sur l'origine du titre de ce blog. Le Cardinal Danielou en est sans doute bien loin. Quoique... Au gré de mes égarements sur la toile, j'ai (re)trouvé un de mes classiques, totalement oublié depuis sa sortie en 1992. Il me sert de préface à une nouvelle rubrique à l'intitulé totalement mégalo, mais on est là pour ça.

Being at home with Claude est  un bijou. Un trésor culturel totalement inclassable. Un des rares chef-d'oeuvre que je peux référencer comme tel. Il rentre dans mon Panthéon.  Aujourd'hui complètement introuvable en France, j'ai dû me rabattre sur une version espagnole de ce film québécois : ç'en dit long sur la profondeur la porté du discours de défense de la francophonie. Un pur affichage politique aux tenants nauséabonds quand il faudrait dépasser Céline Dion et Roch Voisine quand on cause de culture commune.

Scénario irracontable et inexportable au dehors d'une communauté -qui n'existe pas - Being at home with Claude m'a totalement tatoué. Qu'importe s'il faut se cramponner sec pour saisir tous les dialogues, qu'importe que toutes les subtilités de l'idiome de la belle province m'échappent, il y a une intensité dans l'histoire de Claude qui résonne en moi.Ai-je jamais cherché quelqu'un d'autre que Yves ? Ai-je jamais été un autre que Claude ?